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Le souterrain de Balandie

 

Article original - © Julien DENIS

 
 

 

En septembre 1996, ArchéA a étudié une cavité aménagée dans le village de Balandie, sur la commune de Verneuil-sur-Vienne (Haute-Vienne) . Son accès est situé sous une maison du XVIIe siècle remaniée au XIXe siècle. Cette cavité, dont une partie seulement est encore accessible, était encore utilisée comme cave au début du siècle. Il s’agit ici d’un souterrain d’origine médiévale, réutilisé et réaménagé au cours des siècles, tandis que le bâti de surface se modifiait plus rapidement.

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On y accède par un escalier en pierre (A), composé de 6 marche. Assez récent, celui-ci a pu remplacer un accès plus ancien, comme l’indique la présence d’une feuillure sur le côté gauche (une feuillure est un creusement peu profond dans la paroi, généralement associé à un système de fermeture de la cavité).

L’escalier débouche ensuite sur un court passage (B), de moins de 1,30 m de long, situé dans son prolongement et menant à la salle C au nord, et à l’escalier E à l’ouest. Creusé dans le tuf, ce passage est essentiellement couvert d’une gigantesque dalle de pierre.

La salle C est une salle ovoïde de 1,80 m de profondeur et de 2,60 m de large. Très basse, voûtée et entièrement creusée dans le tuf, elle semble liée au murage D qui correspond au comblement d’un puits de creusement.t le bâti de surface...

 

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On peut envisager deux phases d’utilisation de la salle C :

  • une utilisation (lors du creusement de la cavité) en tant que zone de "dégagement", c’est-à-dire un espace plus vaste à la sortie du puits de creusement D.

  • une fois la cavité creusée et le puits comblé, une utilisation de la salle comme aire de stockage.

Quant au puits de creusement D, il est comblé d’énormes blocs de pierre entassés de manière apparemment anarchique et il n’y a pas d’appareillage.

L’escalier E est un passage menant du passage B vers la salle F-G. Haut de 1,30 m et large de 1 m, il est accidenté par 3 marches creusées dans le tuf et assez abîmées. Entièrement voûté, ce passage possède une feuillure (7) sur sa paroi nord.

 

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La salle où il débouche est quelque peu particulière et apparaît comme une salle "double", longue 5,50 m. Il y a donc été différencié deux structures distinctes, mais quasi-symétriques. Il s’agit d’une salle voûtée, en partie effondrée, haute de 1,75 m, et large de 1,80 m à 2,30 m. a part quelques clous rouillés plantés dans la paroi, aucun aménagement n’a été relevé dans la partie F. A la jonction de F et de G se trouvent dans la paroi sud une vaste niche (8) haute de 50 cm, large de 70 et profonde de 35 cm, ainsi qu’un alvéole (9).

La partie G de cette salle double possède deux alvéoles dans chacune de ses parois latérales (10 et 11), ainsi qu’un conduit vertical circulaire (25 cm de diamètre) menant vers la surface mais condamné par des pierres plates (12). Enfin, dans la paroi nord, à la jonction de F et de 6, un murage obture la suite probable de la cavité (H). A la différence du comblement du puits de creusement D, il s’agit ici d’un mur de moyen appareil régulier et qui comporte quelques éléments de tuiles courbes. Ainsi, i1 s’agit ici de la condamnation d’une partie de la cavité tandis que le reste été aménagé en cave.

 

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Nous pouvons donc déterminer au moins trois phases d’utilisation des structures de la cavité :

  • une phase de creusement caractérisée par le puits D et la salle C (utilisée comme zone de " dégagement ").

  • une occupation médiévale dont de nombreux éléments de la cavité sont caractéristiques : la salle C étant utilisée comme aire de stockage et un accès ayant pu exister à l’emplacement de l’escalier A.

  • une occupation (à l’époque moderne?) plus restreinte de la cavité : condamnation d’une partie, surcreusement probable de la salle F et construction de l’escalier A.

Cette cavité, par la morphologie et les types d’occupation qu’elle semble avoir connu n’est pas sans évoquer celle de Beaulieu (commune de Pensol, Haute-Vienne) fouillée en 1980 et 1981 par P. Conte et F. Gauthier (ARCHEA), où la cavité médiévale avait été en partie condamnée et réaménagée (avec également la construction d’un escalier maçonné) tandis qu’évoluait le bâti de surface...