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CERAMIQUES MÉDIÉVALES ET POST-MEDIEVALES

DU CHATEAU DE LASTOURS

 

Patrice CONTE

(Certaines photos ont été rajoutées par rapport à l'article original)

 

 

 

 

 

Dans le cadre de travaux de dégagements anciens ou, plus récemment lors de travaux de sondage, de nombreux objets archéologiques ont pu être recueillis sur le site du château. leur étude s'impose aujourd'hui, alors que par ailleurs se poursuivent les recherches historiques et les travaux de terrain concernant le site de Lastours.

Toutefois, le volume sans cesse croissant d'éléments exhumés et la diversité des matériaux ( céramiques , faïences, verres, métaux, ossements...) nous oblige à scinder en plusieurs étapes les résultats de l'étude en cours. Ce premier article sera consacré aux poteries issues de deux secteurs du château.

Les raisons d'un tel choix sont de deux ordres : d'une part la céramique est, par essence, un matériau peu sujet à l'altération ; les mesures de conservation et d'étude préliminaires que nécessitent d'autres catégories de matériaux ( verre ou métal, par exemple ) ne s'imposent pas dans le cas de la céramique ce qui rend ce type de matériau d'accès relativement plus simple. D'autre part la céramique constitue un élément de choix dans la perspective qui doit guider l'étude des objets archéologiques, à savoir participer à la tentative de restitution d'une partie des activités humaines passées. Plusieurs travaux récents ( de Boüard, Meyer, Randoin, 1987; de Boüard, Dufournier, 1990 ) ont fait le point quant aux objectifs , à la portée et aux méthodes des analyses céramologiques.

L'étude de la céramique peut ainsi livrer des informations sur l'artisanat potier ( techniques de fabrication , "savoirs-faire"...) , sur le contexte social et économique d'une époque ( goûts et usages, échanges commerciaux, diffusion des produits céramiques ), sur les contextes d'utilisation de l'objet: utilisation domestique, architecturale, funéraire ... Mais également sur des aspects chronologiques à travers la datation des vases et des milieux archéologiques où ils ont été découverts.

Les données obtenues permettent donc, dans le meilleur des cas, de nous renseigner sur les artisans-producteurs, les utilisateurs et le contexte historique et social des découvertes .

Cependant ces objectifs restent des perspectives à long terme ( Dufournier, 1989 ) qui ne pourront être atteintes qu'après l'étude de plusieurs ensembles céramiques significatifs sur une même région et pour une période donnée, ce qui n'est pas le cas actuellement en Limousin, malgré l'augmentation récente du nombre des travaux consacrés aux mobiliers archéologiques. ( c.f. bibliographie).

 

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Fig. 1. - Plan du château avec indication des zones étudiées (d'après Bul. Les Amis de Lastours, 1988, p.33)

 

 

 

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Fig. 2 - Schéma de la stratigraphie de la zone 1.

Légende.

 

1 - "déblai ", nombreuses pierres dont certaines partiellement vitrifiées.
2-Argile et scories (pierres et tuiles vitrifiées).
3 - Sédiment rosé
4 - Couche noire, cendreuse. 5 -Argile, tuiles et briques. 6 - Couche noire.
7-Argile claire.
8 - Couche grise.
9- Argile humide.
10 - Substrat

 

Les losanges indiquent les couches qui ont livré des fragments de céramique. (D'après notes et document de 1976 communiqués par J.M. Ménard )

 

 

 

A ces contraintes liées à l'état de la recherche régionale dans ce domaine ou aux conditions générales et méthodologiques inhérentes à ce type de recherches il convient d'ajouter, dans le cas présent, des limites spécifiques au site du château de Lastours et aux conditions de découvertes des ensembles mobiliers étudiés.

Ainsi, le manque de données concernant la stratigraphie des secteurs de découverte permettant de préciser la chronologie relative des ensembles en cours d'étude limitera la portée des premiers résultats de l'analyse.

Par ailleurs, il faudra attendre que l'étude exhaustive du corpus des objets découverts sur le site soit menée à bien pour préciser l'apport global de cette recherche aux objectifs que nous venons de définir.

L'étude en cours ne représente donc que la première étape d'une enquête nécessairement plus longue.

Deux ensembles seront présentés dans cet article, il s'agit des secteurs 1 et 2. Les céramiques de la zone 3 , actuellement en cours d'étude feront l'objet d'un article spécifique , seul un vase sera présenté à titre de comparaison, ce sera également le cas pour une pièce provenant du proche château Des Cars.

 

Le contexte, éléments pour une datation.

1. La zone 1.

Le premier ensemble céramique provient d'un sondage effectué dans le comblement de l'angle sud-ouest de la salle basse du donjon (fig.1). Ce sondage, de faible superficie, a été complété, lors des travaux de fouille, par un relevé schématique de la stratigraphie du remplissage de cette salle (fig.2)

Cette stratigraphie révèle une grande diversité des dépôts sur plus de deux mètres d'épaisseur et témoigne de la complexité de l'histoire du monument et de son remplissage archéologique.

La présence de deux épaisses couches noires cendreuses (n°4 et 6, fig.2), ainsi que les éléments de maçonneries partiellement vitrifiés sont probablement à associer avec une phase d'incendie du bâtiment. Par conséquent, certaines couches repérées dans ce sondage devraient provenir de remblais de construction postérieurs à cet incendie (couches 2 à 5 , peut-être 6), hypothèse confirmée par l'analyse architecturale du donjon.

Cette dernière analyse, confrontée aux données historiques, permet d'avancer une chronologie de construction du donjon entre le début du XIIIème siècle et la seconde moitié du XIVème siècle ( Rémy, 1990, 27-32).

La couche n°6 pouvant correspondre à un incendie au XIV-XVène siècles. L'origine des dépôts 7 à 9, antérieurs à la phase d'incendie, est délicate à préciser actuellement; nous retiendrons qu'ils s'insèrent chronologiquement entre le début du XIIIème et le XVème siècle.

Les céramiques découvertes dans ce secteur proviennent de trois couches ( 3, 4, 7 et probablement 6) , toutefois les précisions chronologiques livrées par l'analyse monumentale et la chronologie relative de la stratigraphie ne seront malheureusement pas d'un grand secours puisque nous ne connaissons pas la répartition des pièces par couches ayant livré du matériel céramique.

 

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Planche 1 - Céramiques de la zone 1 (donjon)

 

2. La zone 2.

Le deuxième ensemble céramique provient du contenu d'occlusion de latrines aménagées au cœur de la courtine sud-est du château reliant les tours sud et est de l'enceinte tardive (fig. 1).

Cet ensemble architectural est datable du XVIème siècle (vers 1530) et correspond à la dernière phase de travaux d'ampleur réalisés sur le château avant son abandon (Rémy, 1990, 39-40).

Les poteries découvertes dans ces latrines étaient situées dans la partie inférieure d'un comblement apparemment unique et, plus précisément juste au dessus du passage débouchant dans les fossés. Il est probable que l'on ait profité du comblement massif de cette structure pour y rejeter, lors de son abandon, des objets inutilisés ou cassés .

3. La zone 3.

Cette zone fera l'objet d'une description détaillée dans le cadre du prochain article qui sera consacré aux découvertes mobiliaires effectuées dans ce secteur ( Conte et Vallet, à paraître ). Les données architecturales disponibles permettent de rattacher cette zone à la phase la plus récente des constructions du château: le XVIème siècle.( Ménard, 1988 et 1989; Rémy, 1990).

 

La céramique médiévale du donjon, éléments de caractérisation.

1. Les formes.

Les remontages s'avèrent incomplets pour la plupart des vases, la fouille n'ayant porté que sur une très petite partie des comblements, nous ne possédons là qu'un ensemble très incomplet des pièces rebutées dans ce secteur. Plusieurs formes ont pu être cependant remontées ou graphiquement restituées.

Les formes représentées peuvent être réparties en quatre groupes morphologiques. Soulignons, que vu le faible nombre de pièces identifiées, cette répartition ne peut pas être considérée comme représentative du vaisselier utilisé dans le château à la fin du moyen-âge. Ce corpus ne livre donc que des indications sur la céramique en usage à cette période.

Le groupe 1 correspond à des pichets munis d'un dispositif verseur à " bec ponté" et d'une anse opposée "rubanée" (fig. 3, 4 et 6). ce type de vase , souvent dénommé "pégau" était destiné à la conservation et à la consommation des liquides.

Le groupe 2 comprend des pièces incomplètes que l'on peut associer soit à des formes de type pichet, cruche ou simple pot muni d'une anse (fig. 5, 8 , 9 et 14).

Le groupe 3 regroupe des tessons que l'on peut associer à des pièces à fonction culinaire de forme sphéroïde, munies d'un fond bombé et dépourvues d'anses. Ces marmites, dénommées localement "oules" possèdent souvent une autre caractéristique commune: c'est la présence de rebords typologiquement proches, formés d'une lèvre d'inflexion externe dont l'extrémité forme un bandeau rentrant parfois souligné par un bourrelet terminal (fig. 11, 12 et 13).

Plus rarement, on trouvera un autre type de bord caractérisé par une lèvre plus étirée ( fig. 10).

Enfin, un unique objet définira le groupe 4: il s'agit d'une petite bouteille à goulot étroit (fig.7).

 

2. Eléments technologiques

2. 1. Les pâtes.

Couleur .

Les deux couleurs de pâte dominantes sont l'ocre-orangé et le gris . Cette différence de coloration de pâte recouvre les deux grands types fonctionnels puisque les vases des groupes 1 et 2 possèdent une pâte de couleur ocre ou orange alors que les vases du groupe 3 sont de couleur grise. Dans le détail des variations existent entre, par exemple , les pâtes de couleur orange homogène ( fig. 8 , 11 et 14 ) et les pâtes ocre-orangées ( fig. 1, 9 ) pour les groupes 1 et 2 et , pour le groupe 3 , entre les pâtes grises homogènes ( fig. 13 ) et celles de couleur gris -beige ( fig. 10 , 11 et 12 ) . Le vase du groupe 4 ( fig. 7) se rapprochant des groupes 1 et 2 par sa couleur ocre.

Dans un cas , celui du vase 4 , on constate une double coloration de la pâte , la partie intérieure étant orangée alors que la partie extérieure est grise . Il est probable que la présence d'une glaçure , sur la face externe du vase , ait modifié les conditions de cuisson entraînant une réoxydation partielle de la pièce provoquant une différence de couleur de pâte.

Pâtes grésées ou vitrification accidentelle ?

Cinq tessons , dont un fragment de rebord du type du groupe 3 ( profil comparable à celui de la fig. 12 ) , présentent un aspect nettement différencié des autres fragments étudiés : la pâte présente en surface une coloration gris-brun homogène , une sonorité et une dureté apparente supérieure aux autres tessons et un aspect de surface satiné ou légèrement brillant . Ces caractéristiques évoquent une vitrification due à une cuisson à forte température ( entre 1150 et 1350° C, Dufournier et Flambard, 1987 , 142 ). Cette vitrification peut correspondre soit à des productions de type " grès ", soit à une vitrification plus ou moins volontaire de certains tessons . Dans le cas présent , l'observation permet d'apporter d'utiles éléments de compréhension du phénomène : les tessons appartiennent tous à des vases différents et présentent par ailleurs un aspect morphologique comparable aux pâtes majoritaires , sauf dans un cas. Ce dernier cas pourrait être effectivement un fragment de poterie de grès , pour les autres , il est possible d'avancer une autre origine.

En effet , deux tessons ne présentent cet aspect vitrifié qu'en surface : sur le fragment de rebord la surface vitrifiée est continue et concerne aussi les cassures , de plus , de nombreuses particules siliceuses , étrangères à la poterie adhèrent au fragment , pour un autre tesson on constate une nette différence entre l'état vitrifié des surfaces et des cassures anciennes et l'aspect interne de la pâte , observé sur cassure fraîche , qui s'apparente à celui des céramiques majoritaires des groupes 1 , 2 et 4.

Ces informations nous permettent de retenir l'hypothèse d'une vitrification accidentelle de ces quatre tessons après le bris des vases et leur rebut. Deux autres données complémentaires viennent conforter cette hypothèse : les comblements du sondage ont livré des blocs de matériaux composites (tuiles ou briques liées à des fragments de pierres et de mortier) soudés et partiellement vitrifiés qui témoignent de l'incendie d'une architecture or nous savons par ailleurs que le donjon a été reconstruit après la guerre de Cent Ans ( Rémy, 1991, 20 ), il n'est donc pas improbable que les vestiges vitrifiés proviennent d'un incendie antérieur à cette reconstruction, soit probablement avant 1450.

 

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Planche 2 -Céramiques de la zone 1 (donjon)

 

Inclusions .

Trois types d'inclusions ont été observés à l'oeil nu: des inclusions quartzo-feldspathiques, des petites pailllettes de mica et des petits grains rouge-brique , plus rares . Les premières , sans être totalement absentes des céramiques à pâte orange ( vase 8, par exemple ), sont surtout présentes en grand nombre dans les vases du groupe 3 où elles peuvent avoir dans quelques cas des diamètres supérieurs à 0,5 cm. Les autres inclusions, en revanche , sont caractéristiques des vases des groupes 1 et 2 ( fig. 3 , 4 , 6 ). Seul le vase 8 du groupe 2 se distingue par des inclusions communes aux vases du groupe 3.

2. 2. Façonnage.

Si des traces de montage au tour sont attestées pour certains vases fig. 5 ,7 ,8 ,9 et 14 ) nous ne pouvons confirmer ce type de confection pour les autres pièces , le corps des marmites du groupe 3 pourrait être , à notre avis, monté au colombain et il n'est pas exclu que la même technique ait été ( partiellement ? ) utilisée pour des pichets comme les pièces 3 et 4 ou le vase 6 , comme le laissent supposer l'absence nette de marques de tournage sur la face interne et l'imparfaite symétrie axiale de ces pièces, en particulier celle du pichet 4.

 

 

 

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Fig. 14 - Céramique de la zone 1

 

 

2. 3. Traitements de surface: glaçures, décors et incisions.

2. 3. 1. Les glaçures.

Les revêtements ne sont attestés que pour la série des poteries à base plane , ce sont des glaçures externes , souvent mal conservées et à la couleur très effacée qui peut être jaune , verte , grise ou brune . Les glaçures sont absentes des marmites ( groupe 3 ) et du pot 8.

Vase 3 : glaçure vert-brun et dégradés gris-vert.

Vase 4 : glaçure vert bleutée , localement vert Les changements de couleur entre tessons suggèrent que ce sont les conditions de conservation après abandon qui sont responsables des variations de colorations.

 

Vase 5 : glaçure vert-foncé sur la moitié supérieure du vase , quelques gouttes isolées dans la partie inférieure.

Vase 6 : Traces de glaçure brun-vert sous le bec verseur.

Vase 7 : Glaçure jaune mouchetée de vert.

Vase 9 : Glaçure verte bien conservée, uniquement autour du goulot.

Vase 14: Glaçure jaune-vif , conservée que sur la partie supérieure de la pièce .

 

2. 3. 2. Les décors.

L'une des caractéristiques majeures des céramiques provenant de la zone 1 est la présence de décors peu fréquents , voire inédits dans certains cas, en Limousin. Nous distinguerons les divers types de décors en fonction des techniques de réalisation employées par les artisans potiers.

Les décors rapportés

Dans cette catégorie on rangera deux types de décors : des cordons verticaux en relief d'applique présents sur le vase 3 et le vase 14 et des écailles en relief ( vase 6 et 14 ). Pour le vase 13 , ce sont trois bandes de section triangulaire qui ornent chaque flanc du vase et se terminent au niveau du rebord par une sorte d'ergot . On retrouve ce principe sur le fragment très partiel du vase 14 , mais dans ce cas , la bande verticale est formée par une succession d'écailles se chevauchant partiellement.

Un décor d'écailles se retrouve sur le vase 6 , mais ici il s'agit de simples picots isolés, disposés horizontalement sur l'extrémum de la panse.

Les décors imprimés

Plusieurs types de décors entrent dans cette catégorie : un décor de bandes horizontales de carrés imprimés à la molette sur le bandeau du rebord et le haut de la panse du vase 14 et une simple cupule hémisphérique à la base de l'anse du vase 5.

Cette troisième catégorie de décor , de loin la plus sophistiquée , est formée par des pastilles estampées à représentation complexe ou figurée . Ces décors sont présents sur trois vases : les pichets 3 et 4 et le vase 5 . Le motif du vase 5 n'est que partiellement conservé : il s'agit d'une pastille circulaire dont le motif est probablement une fleur de lys. Le motif figuré sur le vase 3 est un visage d'homme barbu inscrit dans un ovale ( fig. 18 ). Le décor a été appliqué entre les bandes verticales qui ornent le flanc du vase. Le même principe décoratif a été employé pour le pichet 4, ici l'applique est plus allongée et le motif s'avère d'identification plus délicate ( fig. 17) : on peut distinguer un motif de croix à branches inégales surmontée par trois cabochons circulaires disposés en triangle , le reste de l'espace étant occupé par plusieurs séries de reliefs allongés. La lecture du motif reste hypothétique(1) : simple motif abstrait , symbolique , décor zoomorphe ou anthropomorphe déformé ?

2. 3.3. Les incisions .

Contrairement aux éléments précédents réalisés par le potier avant cuisson , les incisions , repérées sur deux pièces céramiques provenant du donjon ( vases 6 et 13 ) , sont entaillées dans l'argile cuite , Il est donc probable que cette marque ne soit pas l'œuvre du potier mais plutôt d'un utilisateur de la poterie . Dans les deux cas le motif de l'incision est une croix tracée sur la face supérieure du rebord du vase ; sur le vase 6 , l'entaille est aménagée au niveau de l'attache de l'anse.

La fonction de ces motifs cruciformes est délicate à préciser, un tour d'horizon des découvertes de ce type permet d'envisager quelques solutions. Les éléments de comparaison dont nous disposons montrent que la gravure de signes sur les pots médiévaux , bien que rare , n'est toutefois pas exceptionnelle .

En Angleterre , ce principe est connu au XIIIème - XIVème siècles dans la région de Norfolk où un motif de croix est marqué sur le fond d'un pot et dans la région de Cardiff où des pichets portent également cette marque inscrite sous le bec verseur . Une signification symbolique religieuse est retenue pour ces découvertes ( McCarty et Brooks , 1988 ). Mais ce principe est mieux connu en Méditerranée occidentale : on le retrouve en Catalogne dès le XIIème siécle incisé sur la panse d'une oule ( Riù , 1978 , 392 ) , en Italie où il est d'abord fréquent en milieu religieux puis en milieu laïque Antignac et Lombard , 1988 , 94 ) , enfin en Provence au sein du matériel céramique des fouilles d'Avignon qui livrent un nombre relativement élévé de pièces portant cette caractéristique ( Démians d'Archimbaud et al. 1980, 48 et s. ). On retrouve ici le procédé sur des formes différentes : des chopes où les croix incisées accompagnent fréquemment des décors peints de blasons ou de croix et sur des cruches (2).

Plusieurs explications semblent possibles : dans les cas de concordance entre graffiti et motifs peints , c'est la simple volonté d'imitation qui justifierait la présence des motifs incisés , en revanche , dans le cas où les croix sont les seules marques repérées sur des vases morphologiquement différents l'hypothèse de signes distinctifs pourrait-être retenue et traduirait , soit l'utilisation des vases par la même personne , soit une identité de contenu entre plusieurs récipients (3).

Il convient également de citer ici quelques références géographiquement voisines du site de Lastours et qui témoignent du même procédé

- à Périgueux , le principe est attesté autour de l'an Mil ( Lacombe, 1979, 235-247 ).

- à Uzerche , des marques distinctives gravées après cuisson ont été identifiées sur plusieurs anses de jatte et surtout de pichets de forme et de datation comparables aux exemplaires du donjon de Lastours. Dans le cas d'Uzerche , il s'agit toutefois de signes scalariformes et non de simples croix , les auteurs de l'étude interprètent ces signes comme des marques de propriété , individuelle ou collective , liées au contexte monastique dans lequel ont été effectuées les découvertes. ( Antignac et Lombard, 1988 , 94 , 109 et 111 ).

- nous achèverons cette présentation des références par le proche site d'habitat médiéval du Chalard où un sondage réalisé sur un bâtiment médiéval ( fin XIVème-XVème s.) , à quelques centaines de mètres du prieuré , a livré un exemplaire de fragment d'anse ayant partiellement conservé un graffito en "pointe de flêche" ( Cauuet, 1986, 8 et fig. 7 )(4).

Ces exemples montrent que, d'une part il n'est pas facile d'assurer une bonne lecture de graffiti partiellement conservés en peu d'exemplaires et, d'autre part, qu'une interprétation des signes reste, dans bien des cas, encore incertaine.

Les graffiti du donjon de Lastours s'insèrent dans un groupe de signes connus . Les éléments de comparaison les plus proches géographiquement ou les plus voisins par leurs représentations ne permettent pas , toutefois , de résoudre la question de leur signification . L'hypothèse retenue pour les pièces voisines d'Uzerche est satisfaisante bien que le contexte social soit ici différent.

 

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Fig. 15: pichet n° 3

 

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Fig. 17: détail d'un décor du pichet 3 (à droite on distingue le mode d'applique et l'on remarque l'empreinte laissée par une feuille végétale ayant dû servir entre la main du potier et la poterie encore crue)

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Fig. 16 : Pichet n°4

 

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Fig. 18: détail du décor , anthropomorphe du pichet 4.

Les exemples d'Avignon livrent également des éléments explicatifs valables que nous retiendrons également à titre d'hypothèse pour Lastours.

Le fait que les signes aient été retrouvées sur des vases à fonction différente , une marmite à cuire et un pichet , rend plausible l'idée d'un même utilisateur mais n'infirme pas la possibilité de marques signifiant une utilisation spécifique pour chaque récipient: marmite assignée à la cuisson ou la préparation d'un mets particulier, pichet destiné à la conservation ou au service d'un liquide spécifique.

Retenons enfin la possibilité d'interpréter la réalisation de ces marques comme un simple acte gratuit , le motif de la croix appartenant au fond collectif du langage visuel de la période médiévale, sa présence pourrait n'avoir aucune signification utilitaire ou consciemment symbolique. Seule la découverte de nouveaux exemples de cette caractéristique permettra d'approcher la ou les véritables significations de ces graffiti.

 

La céramique médiévale du donjon, bilan.

Les premiers éléments descriptifs étant posés il est désormais possible d'effectuer un bilan de l'étude du corpus d'objets provenant du donjon de Lastours .

La datation: faute de données stratigraphiques fiables il convient de rester prudent sur ce point essentiel de l'étude. Nous avons évoqué , en introduction, puis au cours du chapitre consacré aux terres vitrifiées, quelques hypothèses de travail qui permettent de situer l'ensemble céramique dans une fourchette chronologique qui peut aller du XIIIème au XVème , avec , pensons nous , une plus forte probabilité pour la période des XIV-XVème siècles. Cette proposition trouve des éléments de confirmation dans les comparaisons qu'il est possible d'établir entre les pièces de Lastours et les ensembles que livre la bibliographie céramologique régionale.

Les présences attestées ne sont pas représentatives de toutes les formes certainement utilisées dans le château au cours du Moyen-Age , nous l'avons souligné en introduction : il ne s'agit là que d'un échantillon , toutefois l'ensemble permet quelques comparaisons avec d'autres lieux de découverte.

La vaisselle comprend ici deux formes majoritaires bien définies et déjà reconnues dans l'équipement céramique des habitats médiévaux qu'ils soient ruraux ou urbains, chevaleresques, paysans ou monastiques.

La première , peu fréquente d'ailleurs sur les sites d'habitat paysan, concerne les pichets . Le donjon de Lastours en livre au moins trois exemplaires qui présentent des caractéristiques voisines des séries mises au jour à Uzerche ou à Brive : morphologie générale et confection des vases comparables , mêmes principes décoratifs où apparaissent les masques anthropomorphes (5), présence d'incisions ... La parenté manifeste entre ces pièces et celles de Lastours suggère ici une même origine de production. L'hypothèse, émise récemment d'une provenance localisée dans le sud-ouest de la Corrèze ( Antignac et al. 1990) , ne parait pas contredite par les découvertes de Lastours (6).

Les récipients de Lastours constituent , à notre connaissance , la référence la plus septentrionale de ce type de production.

La deuxième série typologique représentée est celle des marmites globulaires à fond bombé , en pâte grise ( groupe 3 ). L"oule" est une constante des sites d'habitat médiéval quelque soit le statut social des habitants , on la retrouve à peu de distance sur le site déjà mentionné du Chalard mais aussi sur d'autres sites d'habitat , comme par exemple à Beaulieu ( commune de Pensol ) où une marmite présentant les mêmes caractéristiques volumétriques et technologiques que la pièce 13 de Lastours a été entierement restituée ( Conte et Gauthier , 1985 )(7).

Les céramiques du groupe 2 correspondent à des vases incomplets . Par conséquent la recherche d'éléments de comparaison, de datation et d'origine s'avère peu fructueuse pour ce groupe. Notons qu'au sein de ce groupe apparaît une forme (8), jusqu'ici absente des sites limousins, qui pourrait correspondre à une pièce importée.

Sur la question de la provenance des céramiques en usage à Lastours, nous noterons l'absence , dans le lot étudié , des céramiques importées de Charente- Maritime (Saintonge), qui apparaissent à la même époque fortement représentées en accompagnement des marmites grises, comme par exemple sur le site du donjon emmotté de Châteauneuf dans la Marche ( Vallet et Balbo, 1987 ) ou en milieu urbain , comme à Limoges (Lombard, 1990).

Enfin, il faut mentionner la présence, relativement rare dans un tel contexte, d'une petite bouteille globulaire ( n°7 ) . En effet , cette catégorie de récipient , dénommée " bouteille funéraire ", est connue au XIVème-XVème siècle en contexte funéraire où elle possède une fonction rituelle ( Reynaud, 1988, 41-45 ). L'existence d'un vase de ce type, hors de ce cadre, bien qu'exceptionnelle peut trouver deux explications (9) : la première serait d'associer ce récipient au fonctionnement de la chapelle castrale , il peut, dans cette optique, remplir la fonction de vase à "eau bénite", la seconde consisterait à assigner à cette petite bouteille une fonction de réceptacle à parfum.

 

La céramique des latrines de la courtine sud-est ( zone 2 ).

Les pièces recueillies dans le comblement des latrines de la courtine sont au nombre de 5, elles sont associées à des fragments d'objets en fer très altérés et à des pièces de verrerie (10).

Les trois formes représentées dans ce lot ont pu être restituées.

 

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Planche 3 - Céramiques de la zone 2 et éléments de comparaison : pièce 22: zone 3 ; pièce 23: Château des Cars (Haute-Vienne). ( trame: glaçure verte)

Quatre pièces ont en commun leur réalisation technique et leur typologie : il s'agit de deux marmites identiques ( fig. 19 ) et deux pots à anse ( fig.20 et 24).

Les marmites du type 19

Ce sont deux récipients sphéroïdes à fond bombé marqué par une rupture du profil courbe de la panse formant une sorte de carène. Ces deux pièces possèdent une anse rubanée unique rattachée au rebord du vase luimême constitué d'une lèvre sécante à 90°à extrémité amincie.

Les pots du type 20

Ces deux pots identiques présentent les mêmes caractéristiques typologiques que les marmites , ils ne s'en distinguent que par leur taille ( fig.24).

Ces quatre récipients ont une pâte gris claire homogène à inclusions siliceuses de diverses tailles. La surface des vases est toutefois légèrement plus foncée que celle de pâte. Ces caractéristiques, ainsi qu'un probable montage au colombain, les rapprochent des pots à cuire du groupe 3 des céramiques médiévales du donjon. Elles s'en distinguent cependant par une pâte manifestement plus dure et sonore. L'un des deux vases du type 19 présente, sur une partie de la face interne du rebord, une coloration gris métallique que l'on interprète comme résultant d'une anomalie en cours de cuisson (11).

 

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Fig. 24: pot à anse du type 20 (zone 2).

 

La pièce 21

Gobelet cylindrique à ouverture rétrécie en pâte grise. Le corps du vase à flanc fortement concave est marqué par deux carènes. La base est soulignée par un anneau peu marqué. L'ensemble de la pièce est recouvert d'une glaçure verte , deux lignes incisées parallèles réalisées avant cuisson marquent la carène supérieure et la partie resserrée de la pièce.

Les trois formes livrées par ce dépotoir correspondent à deux fonctions différentes : les pièces du type 19 et 20 sont des vases à fonction culinaire , la différence de taille entre les deux marmites et les petits pots traduit la spécificité de chaque pièce dans ce contexte culinaire : marmites destinées à la cuisson , petits pots destinés à la préparation des mets ou à la cuisson de certains ingrédients ou sauces.

La pièce 21 est un albarello , vase à pharmacie ( pot à onguents) , forme imitée des pièces originaires d'italie.

Les pièces en céramique grise 19 et 20 ne sont pas inconnues en Limousin, si les datations les plus hautes émises pour ce type remontent au XIVème s. ( Antignac et Lombard , 1985 , 165 ). les découvertes les plus fréquentes concernent des contextes du XVIème voire du début du XVII °" s. On trouve , par exemple, les mêmes récipients en contexte urbain à Limoges ( Lombard et Loustaud , 1987) au XVIème s. ou en contexte rural, comme sur le site de Beaulieu dans le sud-ouest du département ( Conte et Gauthier , 1985).

Cette chronologie peut être conservée pour Lastours : il y a en effet peu de chance que les céramiques soient très antérieures à la période de construction des latrines que l'on situe à partir de la première moitié du XVIème s. (12).

La découverte d'un exemplaire d'albarello confirme l'utilisation fréquente à partir de la Renaissance et au début de la période Moderne de ce type de récipient en Limousin. Le château de Lastours en livre un autre exemplaire provenant de la zone 3 (: fig. 22) qui ne se distingue de la pièce 21 que par sa taille et une base annelée. Un autre exemplaire de ce type de récipient provient du proche château des Cars, dans un contexte chronologiquement comparable à celui de Lastours (fig.23)(13).

La poursuite des travaux d'étude des objets mobiliers découverts sur le site nous permettra de mieux apprécier la "culture matérielle" des habitants du château à la fin du Moyen-age et au début de la période Moderne. La présente étude ne constitue donc que la première étape de cette recherche en témoignant de la relative diversité du vaisselier et de certains caractères originaux des pièces en usage entre le XIIIème s. et le XVIIème s. à Lastours.

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Fig. 25: L'albarello de la zone 2 (n°22)

 

 

 

Annexe : mesures.

 

Fig. 3: d.o.= 15(16)

d.b. = 12

d.mx = 16

h= 18.5

 

Fig. 4: d.o.= 12.5 (10)

d.b. = 1 0

d.mx = 14

h= 17.5

 

Fig. 5: d.o.< 13(11.5)

d.b. < 11

h= 15

 

Fig. 6: d.o.= 17.5 (14.5) Fig. 7: d.o.= 2

d.b. = 3.5

h= 7

Fig. 8:

d.b. = 1 5.5

 

h < 20

 

Fig. 11: d.o < 16    
Fig. 13: d.o = 20

 

Fig. 19: d.o = 18.5 (14)

d.mx = 23

d.b. = 14

h= 20

Fig. 20: d.o. = 11(8)

d.mx = 11.2

d.b. = 8.5

h = 9.7

 

Fig. 21 : d.o. = 5.5 (4)

d.b. = 6,5

d.mi.= 5.8

h = 12.5

 

Fig. 22: d.o. = 8.6 (6.2)

d.b. = 9.5

d.mi.= 8.8

h = 14.7

 

Fig. 23: d.o.= 5.5 (3.6)

d.b. = 4.3

d.mi.= 4.5

h = 8.7

 

 

Mesures exprimées en centimètres. Abréviations

d.o. : diamètre d'ouverture , rebord compris , le nombre entre parenthèses correspond au diamètre d'ouverture interne.

d.b. : diamètre à la base ( extérieur du vase ). d.mx. : diamètre interne maximum.

d.mi. : diamètre mimimun de la panse ( extérieur du vase) : pour les pièces 22, 23, 24. h : hauteur du corps du vase ( becs et ergots non compris ).

< : indique une mesure restituée.

 

 

Biliographie.


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Notes

1 : un décor proche , sans toutefois être similaire à celui du vase 4 , a été découvert à Uzerche où il est interprété comme motif anthropomorphe dégénéré ( Antignac et Lombard 1988, 93 et 101 ).

2 : Dans un cas, le graffito occupe la même position que pour le vase 6 du donjon de Lastours , sur la partie supérieure de l'anse de la cruche . ( Démians d'Archimbaud , 1980 . 57 fig.2 )

3 : A Lastours, la croix est effectivement présente sur deux récipients à fonction différente un pichet et une marmite.

4 : Je remercie Mme B. Cauuet de m avoir communiqué ces informations.

5 : Des décors anthropomorphes sont attestés au XIVè. s. sur les pégaus d'Uzerche (Antignac et lombard , 1986, p.44, fig. 246 et 1988, p.111, fig. 74. On les trouve fréquemment, à la même époque sur les mortiers en Périgord ( Laborie, 1984 et Lacombe, 1986)

6 : La localisation de ces ateliers reste toutefois à préciser pour que l'hypothèse soit confirmée.

7 : D'autres sites , géographiquement proches du site de Lastours ont livré des fragments appartenant à la série des oules de terre grise à profil typologique comparable : il s'agit essentiellement de sites d'habitat médiéval paysan associés à un souterrain : Dronne et Courbefy ( Bussière-Galant ), Loubatour ( St. Pierre-de-Frugie , Dordogne ) , La Brousse Mialet , Dordogne) ( in : Conte . 1991, t.1 , 127 à 133 ). 8 :Vase n° 5.

9 : Un exemplaire de vase comparable , daté du XVème s. a été découvert en contexte castral à Orgnac , commune de Noailhac , Corrèze ( Antignac et Lombard, 1985. 169 ).11 : Anomalie de cuisson qui est peut-être également responsable de la légère déformation ( écrasement ) de la lèvre du vase 20 qui apparait sur le dessin de son profil .

10 : Ces objets , qui ont reçu des mesures de consolidation ( Atelier de conservation et de restauration d'ARCHEA. Limoges) feront l'objet d'une publication spécifique.

12 : D'une part parce que les céramiques culinaires , fréquemment utilisées, ont une durée " de vie " généralement limitée, et. d'autre part. parce que l'on doit tenir compte de la durée d'utilisation des latrines avant leur abandon et leur comblement. Une datation qui va du milieu du XVIème s. au XVII ème s. peut donc être retenue. L'étude en cours des verreries provenant de ce même comblement corrobore, pour l'instant. cette hypothèse chronologique, 13 : L'albarello des Cars présente une glaçure verte très écaillée et partiellement conservée sur pâte orange. Un fragment d'une autre pièce comparable a été découverte récemment sur le même site ( Boyer, 1991, 139 ).