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Saint-Jean-Ligoure - Bas-Châlucet

1998

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

Mentionné dans les sources écrites dès le Xllle s., le bourg associé au "castro de Chaslucet inferioris" reste l’une des parties les plus méconnues du site médiéval de Châlucet. Le sondage de 1998 avait pour objectif premier d’identifier l’emprise de l’agglomération puis d’évaluer l’un de secteurs de celle-ci afin d’apprécier le type des vestiges enfouis éventuellement conservés. Le second objectif, parallèlement aux opérations préventives liées aux travaux "monuments historiques" actuellement en cours (voir notice suivante), était de documenter archéologiquement la problématique des limites et de la structure du castrum dont aujourd’hui le seul élément conservé en élévation est la tour "Jeannette", tour carrée de 8 m de côté sur une vingtaine de mètres de haut équipée de contreforts plats.

Sur ce dernier point, la campagne 1998 a permis d’étudier les vestiges d’un segment du mur d’enceinte occidental sur une quinzaine de mètres de long. Aujourd’hui conservé sur une hauteur variable (de 1 à 4 m de haut) ce mur d’au moins 1,10 m. d’épaisseur est presque exclusivement composé de blocs de micaschistes liés à la terre argileuse. Sa construction, loin d’être homogène semble participer de plusieurs étapes d’aménagement. Faute, pour l’instant, d’une reconnaissance par la fouille en pied de mur il est délicat d’en restituer les principales phases de construction, mais l’analyse du bâti permet toutefois d’identifier un premier mur formé d’au moins 4 ou 5 assises, présentant un léger fruit, sur lequel reposent des portions jointives de murailles. Il semblerait donc, au moins dans ce secteur, que la partie supérieure de l’enceinte soit formée par l’association des murs pignons des maisons du village comme en témoigne également le seul mur de maison conservé en élévation, sur le même versant, plus au sud (voir notice suivante).

Le sondage, réalisé au coeur de la vaste plate-forme située entre la tour Jeannette et le mur d’enceinte nord, a permis de repérer l’angle d’un bâtiment dont on évalue la superficie à 60 m2. Les maçonneries qui le composent sont comparables à celle du mur d’enceinte blocs et lames de micaschistes montées au mortier d’argile. La faible surface interne du sondage (12 msur l’emprise du bâtiment) ne permet pas pour l’instant d’être affirmatif quant à sa fonction exacte, mais une série d’observations permet toutefois de penser qu’il s’agit de l’un des bâtiments résidentiel du site. En effet, la présence d’une niche murale, des restes d’un appui de fenêtre, ainsi que l’existence d’une cave creusée dans le rocher sont autant d’arguments en faveur de cette hypothèse qui reste toutefois à confirmer. La qualité des éléments lapidaires découverts dans les comblements (claveaux, éléments de piédroits, console à colonnette et chapiteau décoré de feuilles de lierre va également dans le même sens et suggère probablement aussi la maison d’un personnage possédant une certaine aisance (maison de chevalier ?).

 

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Le développement des recherches dans le cadre d’une opération programmée pluriannuelle est envisagé, Il devrait permettre d’étudier l’un des rares cas limousins de bourg castral déserté et ce sur une longue période comprise entre le Xlle s. et le XVIe s.

 

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Saint-Yriex-sous-Aixe - La Graulière

1998

Moyen Age

Julien DENIS

 

 

 

 

En juin 1998, la mise en place dun réseau d’assainissement dans le village de La Graulière a nécessité un suivi archéologique des travaux. En effet, deux souterrains médiévaux connus depuis plusieurs années étaient menacés par la réalisation des tranchées devant accueillir les canalisations.

Très peu de structures sont apparues dans presque tout le village, le rocher affleure juste en dessous du niveau de voirie actuel. Les travaux ont cependant permis de reconnaître l’extrémité d’un des deux souterrains connus. Cette cavité se compose d’une galerie voûtée, creusée dans le tuf, débouchant dans une petite salle de 2 x 3 m.

Juste avant cette dernière, part une galerie perpendiculaire qui semblait remonter vers la surface mais était jusqu’alors obstruée. Le creusement de la tranchée àcet endroit a montré qu’elle se terminait par un puits de creusement condamné par des blocs de pierre. Par ailleurs, une autre structure excavée, inconnue avant les travaux, a été repérée dans une ruelle adjacente, mais, étant en grande partie comblée et ennoyée, elle n’a pas pu faire l’objet d’une exploration. Enfin, un système de petites canalisations (aqueducs d’époque moderne ou contemporaine) a par endroit été identifié sous la voirie.

 

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Rilhac-Lastours - Lastours, motte Sainte-Marguerite

1998

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

La surveillance archéologique des travaux amorcés en 1997 dans le cadre de la création d’un "jardin médiéval" au pied de la motte castrale principale de Lastours a été poursuivie en 1998 (voir: Bilan Scientifique, 1997, p. 37-38).

Le suivi des tranchées liées au drainage du futur jardin n’a pas livré de nouvelles structures directement interprétables en termes archéologiques sauf entre deux fosses créées en 1997 où se confirme l’hypothèse d’une levée de terre, délimitant à l’ouest, le fossé en pied de motte du reste de la zone que l’on peut interpréter comme la basse-cour de l’édifice castral.

Les autres tranchées révèlent la présence d’un sédiment organo-minéral gris au-delà de cette levée, témoin possible d’un deuxième fossé ou d’un secteur mis en eau anciennement. En surface la prospection a permis de recueillir quelques tessons de céramiques datant du Bas Moyen Age et de l’époque moderne.

Un relevé topographique précis de la motte et de ses abords a été également réalisé en 1998. Ce document a été complété par un relevé des anomalies de terrain et des vestiges de structures aujourd’hui disparues (maisons apparaissant sur le cadastre du XIXs., structures d’habitat plus anciennes).

Enfin, les résultats d’une datation 14 C sur des charbons de bois prélevés à la base de la levée permettent de situer l’occupation du secteur entre le milieu du Ville s. et la fin du Xe s. Cette information chronologique pourrait constituer un indice supplémentaire de l’ancienneté du castrum de Lastours.

La surveillance archéologique des travaux d’aménagement du jardin sera poursuivie en 1999, même si l’on peut regretter dans le cas présent la difficulté de concertation initiale qui aurait certainement permis une meilleure prise en compte des aspects archéologiques dès l’origine d’un projet censé mettre en valeur la période médiévale.

 

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Rilhac-Lastours, les Cars

1998

Prospection-Inventaire

Patrice CONTE et Thomas PERRIN

 

 

 

 

La prospection-inventaire mise en place en 1998 sur les deux communes de Rilhac-Lastours et Les Cars vient finaliser un programme de recherches développé depuis maintenant 14 ans par association Archéa. La prospection-inventaire de cette année permet d’actualiser les données, de les formaliser et d’établir un bilan précis des connaissances.

La partie nord du secteur considéré est constituée de petits plateaux dont la plupart sont actuellement exploités sous forme de pacages et de quelques cultures céréalières. Plus au sud, le paysage s’élève sous forme de collines arrondies, au couvert essentiellement forestier elles forment le point culminant de la région (553 m).

L’un des premiers acquis de cette prospection est de montrer que la forêt n’agit pas, contrairement à l’idée reçue, comme une protection des sites archéologiques enfouis. L’espace forestier, considéré comme un espace économique à part entière, est soumis à d’intenses pratiques sylvicoles, qui, ou égard à la faible couverture sédimentaire quaternaire de ces collines, paraissent même plus destructives que les pratiques agricoles de plaines.

L’opération de prospection-inventaire a permis de recenser 29 sites ou indices de sites sur la commune des Cars et 30 sur celle de Lastours. Les périodes concernées vont du Mésolithique à l’époque moderne. La majorité d’entre eux (29) se rattachent aux périodes médiévale et moderne. La période gallo-romaine est représentée par 7 gisements, dont un possible indice de site métallurgique. LAge du Fer reste très mal représenté puisqu’un seul site peut, peut-être, s’y rapporter. De même pour l’Age du Bronze, le seul indice est une mention ancienne de hache. La Préhistoire récente est représentée par 18 sites ou indices, dont 4 restent totalement indéterminés. Deux se rattachent à la période mésolithique (Sauveterrien et Mésolithique récent). Pour le Néolithique, on trouve 12 sites, dont 2 seulement peuvent être datés de façon plus précise du Néolithique final artenacien.

Si la majorité de ces gisements correspond à des sites enfouis, ceux "hors-sol" sont fréquents. Il s’agit bien évidemment des deux châteaux ainsi que des structures construites historiques, d’un four médiéval, de mottes, de quelques tertres et vallum, ainsi que d’un dolmen et d’un menhir. On notera que cette opération a également permis de retrouver et d’étudier des collections anciennes récoltées sur divers sites matériel céramique des sites gallo-romains des Carillons aux Cars, de Gorsas à Rilhac-Lastours, divers sites préhistoriques sur la commune des Cars. D’autres sites, par exemple la motte Sainte-Marguerite à Lastours, le four de la forêt de Lastours ainsi que les châteaux de Lastours et des Cars étaient documentés par ailleurs sous forme de sondages ou de fouilles ponctuelles.

Au final, cette prospection montre la longévité des occupations ainsi que la diversité des types d’implantations. L’étude plus précise de la répartition des sites permet notamment de mettre en évidence la dynamique du peuplement de la forêt de Lastours-Les Cars, beaucoup plus complexe que ce que l’on pouvait imaginer à l’origine. Il reste à remarquer que les informations obtenues par ce type de prospection (orale et pédestre) restent souvent insuffisantes pour réellement documenter un site de façon précise. D’autre part, la recherche mérite d’être poursuivie afin d’essayer de comprendre pourquoi certaines périodes restent sous-représentées il s’agit notamment des âges des métaux, de tout le Néolithique ancien et moyen, et surtout de l’ensemble du Paléolithique et de l’Epipaléolithique, ces derniers étant pour l’heure totalement absents.

 

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Maisonnais-sur-Tardoire - Château de Lavauguyon

1998

Moderne

Julien DENIS et Boris HOLLEMAERT

 

 

 

 

 

Le château de Lavauguyon se situe au sud-ouest de la Haute-Vienne, en limite des communes de Maisonnais-sur-Tardoire et des Salles-Lavauguyon. Implanté à l’extrémité d’un replat, il domine la vallée de la Tardoire. L’opération archéologique menée par une équipe d’Archéa en 1998 consistait à effectuer des relevés en plan du corps de place du château (dont l’état de délabrement ne permettra bientôt plus d’en appréhender l’architecture) et à entamer l’étude des éléments architecturaux remarquables (ouvertures de tir, vestiges ornementaux). Concomitamment, des recherches d’archives sur l’histoire du château et des familles détentrices sont venues compléter les données rassemblées par M. Mazué (Archéa) au début des années 1980.

Le château de Lavauguyon a été construit à partir de 1489 par Gauthier Pérusse des Cars, sénéchal de la Marche et du Périgord, premier chambellan du duc de Bourbon, à l’emplacement d’un repaire noble du XIVe siècle. Ceint de fossés et de boulevards, le corps de place est un quadrilatère de 40 m de côté, flanqué de quatre tours rondes et pourvu d’un donjon porche rectangulaire au milieu de la courtine nord-est. Les tours renferment des salles carrées et possèdent généralement deux ouvertures de tir au premier niveau, tandis que des baies et des cheminées équipaient les niveaux supérieurs. Le donjon porche, vraisemblablement doté d’un pont-levis à flèches, est encadré d’un côté par une chapelle simple à deux travées, et de l’autre par un corps de logis. Le long de la courtine sud-est se développent également les restes d’un logis ainsi que des salles voûtées (caves ?). Enfin, sur les courtines sud-ouest et nord-ouest, et bien qu’aucun bâti en élévation ne soit perceptible, un alignement d’encastrement de poutres peut suggérer ici la présence de la galerie à colonnes mentionnée au XVllle siècle.

Même si de nombreuses interrogations subsistent quant à l’organisation des différents espaces intérieurs (notamment pour les niveaux de circulation), la réalisation d’un plan et les débuts d’une étude de bâti permettent d’envisager ici plusieurs phases de construction ou de réaménagements. Ainsi, les vestiges du logis sud-est semblent antérieurs à l’ensemble du bâti du XVC siècle, et des remaniements postérieurs sont perceptibles tant sur la façade nord-est qu’au pied de la façade sud-est (mise en place d’un glacis renforçant la base de la courtine).

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