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Soudaine-Lavinadière - Prieuré et église de Lavinadière

2006

Moyen Age et Moderne

Patrice CONTE 

 

 

 

 

 La campagne 2006 marque la première année d'une fouille triennale sur le site de l'église et du prieuré de Lavinadière. On ne reviendra donc pas ici sur les phases d'aménagement et d'occupation les plus récentes de la commanderie des hospitaliers matéria­lisées par le corps de logis des deux bâtiments 1 et 2 qui ont fait l'objet des comptes-rendus des trois années de fouille programmée précédentes (voir BSR 2000, 2003 à 2005). L’année 2006 a été orientée suivant deux principales directions : l'extension de la fouille sur le terrain et la mise en œuvre de collaborations grâce à la constitution d'une équipe élargie.

La partie ouest du site (secteur 3), correspond à une cour ouverte, délimitée, au nord et à l'est par les bâti­ments 1 et 2 et, au sud, par le gouttereau nord de l'église. Parmi les découvertes les plus précoces faites en 2006 dans ce secteur on mentionnera : une nou­velle fosse-silo, un drain bâti et un segment supplémentaire du fossé ancien se développant au nord de l'église. Malgré les superpositions et mutila­tions occasionnées par les constructions plus récentes, ces témoins, encore mal datés dans l'absolu, sont toutefois indéniablement d'origine médiévale. Le fossé Fs.04 semble bien se prolonger au-delà de ses limites actuelles et son tracé permet de plus en plus de l'associer à l'église, même si sa fonction reste encore très incertaine. L’hypothèse d'une limite d'en­clos ecclésial, pour séduisante qu'elle soit, ne paraît pas encore totalement assurée et méritera d'être dis­cutée. Dans le même secteur, la découverte d'un aménagement maçonné périphérique au puits en partie fouillé lors des campagnes précédentes com­plète l'étude des aménagements hydrauliques déjà découverts et associés aux deux lavabos fouillés l'an dernier. La position stratigraphique de ce sol pavé confirme ici l'origine médiévale du puits. Enfin, l'étude des fondations des principaux murs périphériques appartenant aux bâtiments tardifs semble démontrer qu'ils ont pu initialement correspondre à des édifices ou aménagements plus anciens appartenant au premier état bâti, celui du prieuré de l'ordre du Saint-Sépulcre.

 

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Vue aérienne du site

 

Si les limites de cet atelier ne sont pas conservées, en partie du fait de l'activité de récupération et d'épierre­ment qu'a connu le site après son abandon, l'analyse de la répartition des structures, des zones de battitures et de charbons de bois permet toutefois de proposer un schéma d'organisation de l'atelier. La question de la chronologie de cette aire de travail reste en revanche posée. Faute de matériel suffisam­ment datant, on ne peut que constater une position stratigraphique comprise, dans l'état actuel de la fouille, entre la fin de la phase médiévale (fin XVe ou début XVIe) et le terme de l'occupation du site (milieu XVIle s. ?). Par ailleurs, la découverte de très nom­breuses calottes/scories de métal dans le comblement du fossé Fs.04 témoigne de la proximité d'un autre atelier plus ancien, non encore repéré dans le cadre de la fouille mais dont l'analyse paléométallurgique permet toutefois de confirmer la présence.

Enfin, la poursuite de la fouille dans la partie orientale du site, à l'extérieur du bâtiment 1, a confirmé l'hypo­thèse émise l'an dernier de l'existence d'un second fossé. Si son emprise en largeur n'est pas encore connue, une partie de son tracé ainsi que son archi­tecture et ses comblements ont été documentés cette année : large, mais peu profond et à fond plat, ce fossé est équipé, après une première phase d'utilisa­tion, par une escarpe maçonnée reposant sur un premier niveau de comblement. Le creusement de ce fossé, réalisé lors d'une phase récente de l'occupa­tion, a largement amputé un bâtiment initial médiéval (S.17) ainsi qu'une structure excavée identifiable comme fosse-silo (Fs.09). Malgré donc une conserva­tion partielle et une extension en partie masquée sous des parties maçonnées du deuxième état architectu­ral du bâtiment 1 et du four associé, le bâtiment du secteur 17 comprend plusieurs aménagements internes encore en place : zones foyères, maçonne­ries accolées aux parements internes des murs, nombreux trous de piquets et trous de poteaux qui permettent de restituer l'emplacement d'une porte intérieure et de deux cloisons de refend. Une partition de l'espace intérieur du bâtiment commence donc à se dessiner. Quant au fossé oriental, il correspond de toute évidence à celui que mentionne la visite de Foucaud de Saint Audaire en 1654.

La campagne 2006 marque également le lancement d'un certain nombre de travaux d'analyses et de col­laborations appuyés sur les résultats de terrain acquis lors des précédentes opérations. L’étude paléométallurgique préliminaire (N. Dieudonné-Glad) a ainsi permis de caractériser les activités particulières à l'atelier de forge. Si les données paléocarpologiques (A. Bouchette) restent encore peu nombreuses et ne concernent qu'un seul niveau archéologique, la pour­suite des prélèvements et de leur analyse devrait permettre d'abonder nos connaissances sur les modes de consommation végétale sur le site et, plus largement du milieu contemporain de son occupation.

L’analyse anthracologique (Ph. Poirier) livre déjà une série d'informations qu'il convient désormais de mettre en regard des données de fouille. Elle témoi­gnerait en outre du rôle important que prend le châtaignier au début de l'époque moderne par le biais de son utilisation massive comme combustible dans l'atelier de forge. Se dessine également une modifica­tion des approvisionnements au cours de l'occupation et par conséquent une probable évolution du milieu environnant le site à un moment où semble se mani­fester, parallèlement, un changement notable dans l'organisation et l'architecture du prieuré.

Parmi les sources documentaires mises en œuvre pour restituer l'emprise du prieuré-commanderie sur son environnement, proche ou plus lointain, figure sans nul doute l'exploitation du fonds d'archives de l'Ordre de Malte concernant Lavinadière qui a été amorcée cette année (A. Marty) et devra se pour­suivre tout au long du programme 2006-2008. De manière plus large, cette partie de l'enquête permet­tra également de préciser l'histoire même de ce prieuré-commanderie de son origine jusqu'au XVllle s.

 

Au nord de la fouille (nord du bâtiment 2) les deux murs 23 et 31 mis au jour en 2005 ne sont conservés qu'au contact du bâtiment 2, vers le nord ils ont été démantelés jusqu'aux fondations à une période qu'une monnaie permettrait de situer dès le milieu du XIVe s. L'espace qu'ils délimitent étant rapidement abandonné et servant de dépotoir avant d'être rem­blayé. Toutefois, l'angle ouest du secteur a révélé la présence d'un sol en place, médiéval, qui pourrait appartenir à un bâtiment ou une structure non encore identifiée. Le mobilier recueilli dans ce secteur, en par­ticulier céramique, complète celui mis au jour en 2005 dans le dépotoir 511.

 

Egalement situé au nord du bâtiment 2, mais cette fois-ci vers l'est, la zone révélée par la prospection géophysique de 1999 (M. Martinaud et Fr. Madani) s'avère correspondre à un atelier de forgeron attesté par la présence de plusieurs aménagements ou couches directement associables au travail de forge.

 

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Plan du secteur 20 : état 2006 de l'atelier de forge (dessin : B. Hollemaert et P Conte)

 

 

 

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Gorges de Haute-Dordogne

2006

Prospection diachronique

Angélique MARTY

 

 

  

Une étude historique et documentaire a été réalisée sur le territoire de la communauté de communes des Gorges de la Haute Dordogne. Deux problématiques ont été soulevées : les origines et l'histoire des établissements casadéens et le réseau des châteaux liés aux vicomtes de Ventadour et de Turenne. Cette étude réalisée en 2005-2006 a débuté par une recherche documentaire approfondie, de nombreux fonds d'ar­chives publiques ont été dépouillés ainsi que des fonds privés (documents de la famille d'Ussel et de la famille de Bélinay). Le fonds dit «de Marèges» appar­tenant à cette dernière est inédit et aujourd'hui détruit. Toutefois, M Guély, présidente de la Société Historique et Archéologique de Brive a pu transcrire l'intégralité des actes contenus dans ce fonds avant destruction. Ce fonds contient d'importants docu­ments médiévaux (XIIIe-XV' s.). Outre les recherches documentaires, une prospection de terrain a été menée parallèlement pour repérer édifices, vestiges architecturaux et archéologiques.

La première partie de l'étude est consacrée aux édi­fices religieux et s'étend au-delà de l'histoire des deux prieurés casadéens de Saint-Pantaléon-de-Lapleau et de Liginiac, elle a également porté sur tous les autres lieux de culte (églises paroissiales, chapelles, prieu­rés, commanderie hospitalière de Sérandon) des dix communes concernées. La question des origines des paroisses a également été abordée, axée sur la paroisse-mère de Neuvic et sur l'étude des enclos paroissiaux dont certains ont été cartographiés.

L'autre volet de l'enquête a consisté à étudier le réseau des châteaux et fortifications situés en vicomté de Ventadour. Les paroisses étudiées se répartissent sur deux châtellenies : Egletons-Ventadour et Neuvic-Peyroux. D'après la documentation et les recherches sur le terrain, huit seigneuries (Anglards, Marèges, La Charlane, Unsac, la Maureille, Pèzeranges, Labrousse), implantées dans la châtellenie de Neuvic-Peyroux, ont été étudiées. La châtellenie d'Egletons-Ventadour ne contrôle que la petite paroisse de Saint-Pantaléon-de-Lapleau dans laquelle aucun site castrai n'a été repéré pour l'instant. Parmi ces édifices, sept sont en ruine mais conservent quelques vestiges hors-sol, deux sont en partie conservés et encore habités, un est remanié de telle sorte que les éléments médiévaux ont disparu, trois sites sont détruits et non repérés, un édifice est en partie conservé et non habité.

La dernière partie de l'enquête a porté sur l'agglomé­ration de Neuvic, bourgade aux origines et au développement obscurs en raison du manque de sources écrites à l'époque médiévale : seule une transcription de la charte de la ville et quelques résumés d'actes épars constituent le corpus. En revanche davantage de documents apparaissent pour l'époque moderne. Aussi, l'interprétation de ces sources associée à l'étude du parcellaire et à une prospection de terrain permettent de soulever quelques hypothèses quant à l'étendue des fortifica­tions de la ville et de ses faubourgs et de repérer les vestiges médiévaux visibles à l'extérieur et à l'intérieur des habitations.

 

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Neuvic, XIlle-Xe s.: la ville fortifiée

 

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 Flavignac - Busseroles

2006

Moyen Age

Boris Hollemaert, Patrice Conte

 

 

 

 Informée par la municipalité de Flavignac d'un effon­drement dans une parcelle labourée immédiatement aux abords du hameau de Busseroles, une équipe, en collaboration avec l'association ArchéA, a mené une brève intervention de prospection et d'exploration sur la parcelle concernée. Cette opération a permis d'identifier une cavité, très largement remblayée, que certaines caractéristiques architecturales (morpholo­gie des volumes souterrains, techniques de creusement, présence de certains éléments architec­turaux...) permettent d'associer à la catégorie des "souterrains ruraux médiévaux". La cavité, en l'état actuel, se compose d'une salle associée à un segment incomplet de galerie équipée d'un négatif de chambranle de porte en bois. Une amorce de creuse­ment repérée dans la salle laisse supposer une extension de la cavité, aujourd'hui inaccessible. Si le développement actuel du monument n'excède pas plus de quelques mètres, le souterrain originel devait être singulièrement plus vaste. Quelques tessons de poterie de l'époque moderne et médiévale ont été recueillis en prospection à vue dans le labour au dessus de la cavité. Ces quelques éléments matériels constituent des indices d'une origine au moins médié­vale pour le hameau de Busseroles, que renforce également la découverte du souterrain.

Grâce à la collaboration des habitants, une autre cavité, située également à proximité du village, mais certainement distincte de la précédente, a également pu être positionnée lors de cette opération de recon­naissance.

 

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Saint-Jean-Ligoure - Châlucet

2006

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

La réalisation d'une ultime campagne de sondages, fin 2006, dans le cadre des recherches programmées sur ce site castral depuis 1999 était motivée par la nécessité d'obtenir quelques compléments d'informa­tions archéologiques destinées à l'élaboration finale du projet architectural (A.c.m.h : Ph.Villeneuve) de mise en valeur de cette partie du site. Il importait éga­lement, dans le même état d'esprit, d'achever la fouille de plusieurs zones jusqu'ici incomplètement explo­rées, du fait de la présence de plusieurs arbres.

Les sondages de 2006 ont permis de faire progresser de manière notable la connaissance de l'organisation du site et plus particulièrement pour toute la zone située autour du bâtiment à contreforts IV qui structu­re la partie nord de l'assiette du castrum jusqu'à l'enceinte nord.

Dans la partie sud-est de cette zone, la fouille a permis de retrouver plusieurs segments de murs appartenant à des états précoces de l'aménagement du site. Le mur 107 paraît correspondre à la limite initiale de la cour entourant le bâtiment IV : son orientation parallè­le à celle du bâtiment IV s'inscrit dans la trame orthonormée des autres constructions entourant le bâtiment : Bât VI, VII et murs situés au sud. L'ensemble définit l'emprise initiale de la zone d'habitat centrée sur la maison-tour IV ; on peut considérer ici que l'on a désormais l'emprise de «Postal» originel. La mise en évidence d'une telle organisation de la maison médié­vale constitue ici une information inédite pour la région limousine. Le mur 108 et l'aménagement situé sous l'Op.14 relèvent vraisemblablement d'une construction antérieure. Leur orientation particulière, comparable à aucune autre, et leur faible degré de conservation empêchent de les identifier précisément.

Toujours dans le même secteur, les travaux de 2006 ont permis de dégager sur plus de 10 m de longueur un nouveau mur (mr.40) associé au massif de la porte Op.14. Sa position indique clairement qu'il prend la suite de Mr.107, ce dernier étant démantelé. Ce nouveau mur matérialise le tracé et la limite du nouvel enclos enserrant le bâtiment IV, son orientation n'est d'ailleurs plus conforme à celle des autres murs du secteur. Cette création s'explique par le creusement de la cave 2 et l'aménagement de son accès (0p.19) dans une zone initialement dévolue à la circulation :ces nouvelles constructions ont donc provoqué le déplacement vers l'est de la limite de l'enclos afin de ménager un espace suffisamment large pour la circu­lation le long du bâtiment IV .

Au nord du bâtiment IV, l'achèvement de la fouille du bâtiment VI permet de constater que les vestiges étudiés correspondent à un édifice rectangulaire dont l'extrémité orientale a été tronquée, faisant disparaître son mur pignon et une bonne partie de la structure 1031 que l'on interprète comme étant la base d'un four. La stratigraphie montre que le mur 92 est posté­rieur au bâtiment VI. Le mur accolé 93 ne constituant vraisemblablement qu'un soutènement destiné à maintenir le mur 92.

 

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La zone occidentale : au premier plan, vestiges du bâtiment VII, demantelé au cours de l'occupation ; au second plan, le bâtiment à contreforts IV ; au fond, à gauche, l'enceinte nord (dernier état)

 

L'ensemble des constats effectués à l'est du bâtiment IV suggère donc qu'initialement le tracé de l'enclos et donc de la terrasse qu'il limitait était largement diffé­rent de l'état final attesté par la fouille.

A l'ouest, le dégagement de nouveaux murs situés dans le prolongement de ceux découverts les années précédentes (voir plan, BSR 2005, p.57) permet de circonscrire en partie l'extension du bâtiment VII dont la limite sud reste toutefois incertaine. L'image resti­tuée est celle d'un bâti presque systématiquement enterré enveloppant, à faible distance, l'angle nord-ouest du bâtiment IV. Malgré les modifications internes perceptibles à la fouille en 2005, il semblerait que les bâtiments VI et VII ne forment qu'un seul corps de bâtiment initial au plan en «L».

La destruction des élévations et leur arasement au cours de l'occupation nous prive toutefois de nom­breuses données sur les fonctions de ces bâtiments.

L’examen des zones les mieux conservées (partie est du bâtiment VII et .bâtiment VI) suggère cependant des fonctions domestiques (cuisines, four et fournil, écurie ?) annexes du bâtiment principal IV.

Hormis la zone entourant le bâtiment IV, objet de l'essentiel des travaux de 2006, un sondage plus limité a porté sur les abords d'une autre maison médiévale mitoyenne de la voie principale traversant le castrum (Bât.IX). La fouille a ainsi permis de dégager un mur bordant la voirie et servant de soutènement à une ruelle distribuant, en contre-haut, le groupe formé par les édifices II, III et IV.

Le matériel archéologique découvert lors de cette campagne s'est avéré beaucoup plus rare que lors des fouilles précédentes. La céramique est compa­rable aux pièces antérieurement découvertes et se situe dans une fourchette comprise entre le début du XIV' s. et le début du XVe s. Les niveaux les plus anciens (XIII' s.), ne livrent malheureusement pas de témoins dignes d'intérêt. On notera également la découverte de quelques nouveaux objets en fer qui, après traitement, pourront être identifiés et compléte­ront les séries actuellement en cours d'étude.

Il en est de même des quelques vestiges lapidaires recueillis lors de cette phase de fouille (fragment de chapiteau à corbeille lisse (S.14), piédroit à chanfrein et congé (S.35). Précisons enfin que la découverte de plusieurs foyers et couches cendreuses associées par exemple à la structure 1031 du bâtiment VI feront l'objet d'analyses anthracologiques afin d'apporter des informations complémentaires sur les modes de fonctionnement des structures de combustion identi­fiées sur le site.

 

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Châlucet : Castrum du Bas-Châlucet - Plan de masse simplifié - Zone nord-ouest

 

 

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Cantons de Chalus, Nexon et Saint-Yrieix-la-Perche

2006

Moyen Age et Moderne

Manon DURIER

 

 

 

Cet inventaire concerne les pierres tombales médié­vales et modernes (Xle-XVIle siècle) dans une zone inscrite entre les communes de Séreilhac-Solignac au nord et de Dournazac-Le Chalard au sud. Les pros­pections, menées avec la collaboration de l'association ArchéA, ont permis de documenter plus de 230 monuments funéraires conservés dans les édi­fices cultuels ainsi que dans les cimetières actuels ou anciens. Une telle quantité est surprenante pour une quinzaine de communes seulement. Si elle provient pour partie de quelques sites préservés, comme celui bien connu du Chalard, elle résulte également d'une habitude fortement ancrée en Haute-Vienne de rem­ployer les monuments funéraires anciens. Dalles funéraires et pierres tombales en bâtière forment un ensemble qui apparaît de prime abord hétérogène, mais dont la cohérence est assurée par la permanen­ce de certains motifs iconographiques. On constate en effet l'omniprésence de la représentation de la croix, le plus souvent pattée, trilobée ou fleurdelisée.

 

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Pierre tombale en bâtière du cimetière du Chalard

 

Dans un contexte de continuité iconographique au fil des siècles, la présence marginale de gisants et de pierres tombales épigraphiques renforce les difficultés de datation. Il semble bien cependant que la majorité des pierres tombales étudiées dans ce corpus datent de la fin du Moyen Âge et de l'époque moderne.

En étendant les recherches ponctuelles précédem­ment menées en Limousin, tant par certains érudits que par des archéologues, l'inventaire réalisé ici rend accessible une documentation qui rend compte de la diversité et de l'importance quantitative des pierres tombales conservées. S'il est encore trop tôt pour pro­poser une typo-chronologie faisant référence pour l'ensemble de la région, une analyse typologique et iconographique a été esquissée avec l'appui d'une base de données spécialement développée. Cette étude prenait place dans un mémoire de Master 1 archéologie. Elle sera prolongée et étendue dans le cadre du mémoire de Master 2, dont les probléma­tiques s'attacheront à établir des critères de datation ainsi qu'à appréhender les phénomènes de répartition spatiale.