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Soudaine-Lavinadière - Eglise, prieuré et commanderie de Lavinadière

2007

Moyen Age

Patrice CONTE

 

 

 

 

 

 

L’année 2007 constitue la campagne intermédiaire du programme 2006-2008 engagée sur le site de Lavinadière. Une partie de l’opération a donc été consacrée à la poursuite de la fouille des zones déjà engagées les années précédentes (voir : BSR de 2003 à 2006) mais également à l’extension de l’aire fouillée jusqu’ici. Par ailleurs, plusieurs études conjointes aux travaux de terrain ont été poursuivies cette année (et le seront également l’an prochain).

Pour ce qui concerne le terrain, la superficie soumise à la fouille porte désormais sur une surface de plus de 850 m2 au nord de l’église. Dans cette zone, plusieurs bâtiments d’un état médiéval tardif et du début de l’époque moderne ont été étudiés, presque complète­ment pour certains, de manière encore incomplète pour d’autres. L’essentiel de ces édifices correspond à la transformation du prieuré initial en commanderie hospitalière. Ces constructions fossilisent - ou reprennent - l’emplacement de bâtiments appartenant à l’implantation initiale de la domus de l’ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem attestée dès le XIIIe s. par les sources écrites.

L’une des zones privilégiées ouvertes à la fouille cette année a concerné toute la moitié occidentale de l’un des corps de logis tardif situé au nord de l’église dont il est séparé par un espace ouvert (cour). Cette partie de l’édifice de plan rectangulaire a subi une intense campagne de démolition et de récupération de matériaux effaçant presque complètement le mur pignon et une bonne partie de l’extrémité des murs gouttereaux.

 

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Vue oblique de la partie ouest du bâtiment 2. A premier plan : évacuation au sol traversant le mur pignon et calade intérieure.

 

 

Toutefois, l’observation des sédiments lors du décapage des couches d’abandon et la conservation inespérée d’un court segment de parement extérieur du pignon ont permis de restituer l’emplacement des maçonneries manquantes et donc le plan originel du bâtiment. La fouille, encore inachevée de cette zone, a par ailleurs permis d’identifier plusieurs aménage­ments inédits non touchés lors de la phase d’abandon puis de destruction : dispositif d’évacuation monolithe associant un évier en raz-de-sol et une conduite intra-muros se prolongeant à l’extérieur du bâtiment par une canalisation bâtie, calade enserrant le précédent aménagement et petit foyer annexe. L’ensemble de ces structures témoigne de fonctions domestiques, à l’image de ce que les campagnes précédentes avaient révélé dans la pièce orientale du rez-de-chaussée de ce bâtiment. Le matériel recueilli, en particulier les monnaies (étude D. Dussot), témoigne d’une persistance de l’occupation du bâtiment au moins jusqu’au XVIe s.

Le long du mur gouttereau nord de ce même bâtiment (Bât.2) ce sont deux nouvelles constructions annexes qui ont été repérées cette année. La première corres­pond à une petite construction maçonnée en saillie du mur gouttereau, associée à une importante couche dépotoir et que l’on propose d’interpréter (sous réserve de l’achèvement de la fouille de cette zone) comme étant un réduit de latrines (cul-de-basse-fosse de latrines ?). La seconde, édifiée contre la précédente, correspond à un appentis dont la charpente reposait en partie sur des supports verticaux en bois posés sur au moins quatre dés de pierre et calée entre des segments de murs médiévaux en partie démantelés. La mise au jour de ces constructions confirme la densité du bâti à l’extérieur et contre les bâtiments principaux du site, caractéristique déjà établie en 2006 puisque c’est finalement à très faible distance et également aux abords extérieurs même du bâtiment 2 qu’avait été mis en évidence un atelier de forgeron.

 

Si ce dernier n’a pas fait, en 2007, l’objet d’une pour­suite de la fouille, l’essentiel des structures étant connu, la recherche de ses limites, encore incer­taines, a permis la découverte d’un dépôt d’objets en fer plutôt exceptionnel incluant un gaufrier et une arbalète accompagnée de son système d’armement. L’étude préalable au traitement/restauration de ces pièces laisse supposer qu’elles étaient associées à l’atelier de forge (objets à réparer ou à recycler ?). Leur découverte témoigne de la vie quotidienne au sein de l’habitat religieux que représente le site de Lavinadière au début de l’époque moderne (c.XVIe s.). Précisons d’ailleurs que la découverte inédite d’une arme comme l’arbalète n’a rien d’incongrue dans un tel contexte puisque c’est autant une arme de guerre que de chasse. La première fonction illustrant d’une nouvelle façon la «militarisation» de l’habitat déjà per­ceptible dans les modifications architecturales mises en évidence précédemment par la fouille, la seconde témoignant, quant à elle, de l’importance des activités cynégétiques dans un contexte, certes religieux, mais également seigneurial.

 

La seconde zone où la fouille a été étendue en 2007 correspond à la partie orientale du site où l’on avait déjà étudié l’année précédente un bâtiment de l’état précoce recoupé par un fossé dont une visite du milieu du XVIIe s. mentionnait encore l’existence. Concernant ce dernier aménagement les investiga­tions de cette année ont porté sur la reconnaissance transversale complète du fossé. Celui-ci, finalement peu profond (env. 1,20 m) s’avère beaucoup plus large que prévu (entre 6 et 7 m, environ, à son ouverture) donnant une image quelque peu différente des sources écrites qui évoquent un «profonds fossé...». L’architecture même du fossé apparaît également plus complexe que ce que ne le laissait penser le sondage de 2006 : si l’habillage de la paroi par une sorte d’escarpe maçonnée se confirme le long des corps de bâtiments, il n’est pas systématiquement attesté sur le versant opposé où le bord a été aménagé à l’aplomb d’un mur d’un nouveau bâtiment antérieur au creuse­ment. Les informations concernant ce dernier sont encore trop peu nombreuses vu l’exiguïté de la fouille, toutefois, la stratigraphie témoigne bien de l’appartenance de cet édifice à l’état d’occupation précoce et son architecture intègre au moins un équipement annexe sous la forme d’un placard équipé d’une feuillure.

 

Enfin, repéré dès l’intervention de fouille d’urgence de 1995, le secteur du cimetière jouxtant l’église a été abordé cette année dans l’objectif principal d’évaluer le degré de conservation des sépultures recouvertes, dans certains cas, par des dalles de granite dont deux d’entre elles portaient une croix patriarcale gravée en relief. Les résultats de cette reconnaissance prélimi­naire (J. Roger, X. Lamonerie) sont largement positifs, même si l’état de conservation des squelettes s’avère médiocre comme on pouvait s’y attendre dans cette partie de la région. Cinq nouvelles inhumations ont été repérées, trois d’entre elles ont été intégralement fouillées. L’étude a montré qu’il n’existait pas de lien simple et systématique entre sépultures et marquage au sol puisque l’on a pu constater un décalage certain entre les pierres tombales et les inhumations. Cette observation pose ici, en des termes assez nouveaux, la question de la gestion de l’espace funéraire. La reconnaissance de cette partie du site devra être poursuivie suivant plusieurs directions complémen­taires l’an prochain afin d’obtenir un échantillon plus représentatif, mais aussi afin d’aborder un certain nombre de points autour d’indices livrés par la fouille de 2007 : problème de la chronologie du cimetière et de la chronologie relative entre celui-ci et les struc­tures avoisinantes (fossé, bâtiments des deux principaux états chronologiques) ou structures sous-jacentes, limites de l’espace funéraire, essai de caractérisation sociale des inhumations...

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Conjointement aux travaux de terrain, les études engagées en 2006 ont toutes été poursuivies. La métallurgie du fer a fait l’objet d’un travail de labo­ratoire (N. Dieudonné-Glad) concernant cette année les déchets recueillis en fouille les années précé­dentes (culots de forge et battitures) et confirmant la présence sur le site ou à proximité d’un second atelier de forge antérieur à celui mis au jour par la fouille en 2006 et qui reste encore non localisé à ce jour. L’étude carpologique (A. Bouchette), menée sur les comblements d’une fosse-silo fouillée en 2006 a infirmé la conservation de restes au sein du remplissage de la structure. Si un tel résultat s’avère négatif, il permet cependant de reposer la question de la fonction réelle de structures le plus souvent archéologiquement iden­tifiées par la seule comparaison morphologique, méthode dont il convient probablement de discuter la validité si de tels résultats venaient à se multiplier. L’analyse anthracologique a également été poursuivie par Ph. Poirier ; les prélèvements étudiés complètent et confirment les données de 2006 sur les questions d’approvisionnement domestique (foyers) ou artisa­naux (forge). L’augmentation du nombre des contextes fonctionnels et l’affinement de leur chronologie relative devrait permettre l’an prochain une approche plus précise de l’utilisation du bois au sein des activi­tés du prieuré-commanderie et de son environnement arboré. L’amorce de la fouille de la zone du cimetière a par ailleurs motivé la reprise de l’étude des pierres tombales présentes pour certaines in situ mais aussi, pour d’autres dispersées dans tout le village (M. Durier). L’inventaire met en évidence plusieurs formes qu’il reste à dater mais aussi la présence de trois types de représentations de la croix patriarcale, symbole de l’ordre du Saint-Sépulcre. Enfin, l’exploitation des données issues des sources écrites a été également poursuivie, l’essentiel du travail mené en 2007 (A. Marty) portant sur l’importante documenta­tion issue du fonds dit de l’Ordre de Malte et plus particulièrement cette année sur le début du dépouillement d’un terrier des années 1437-1514.

 

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CANTONS D’AIXE-SUR-VIENNE, ISLE,LIMOGES-PANAZOL, MAGNAC-BOURG,
SAINT-HILAIRE-BONNEVAL,SAINT-LEONARD-DE-NOBLAT

Prospection diachronique

2007

Moyen Age et Moderne

Manon DURIER

 

 

Cette prospection diachronique sur les pierres tom­bales médiévales et modernes (XIe-XVIIe siècle) vient poursuivre un inventaire débuté en 2005, pour les cantons limitrophes de Châlus, Nexon et Saint-Yrieix-la-Perche, dans le cadre d’un mémoire de master d’archéologie. La problématique, dans un premier temps centrée sur la mise en place d’une méthodolo­gie spécifique ainsi que sur la définition d’axes de recherche, a pu lors du master 2 être étendue pour intégrer l’analyse des phénomènes de répartition spa­tiale. Il s’agissait en effet tout d’abord de répertorier aussi exhaustivement que possible ce type de signali­sation de sépulture, là où la bibliographie, régionale comme nationale, ne laissait percevoir qu’un faible nombre de monuments funéraires exceptionnels, pour proposer une étude générale. Le projet, initié et soutenu par le SRA Limousin, a en outre bénéficié de la participation de l’association ArchéA pour les pros­pections de terrain. Celles-ci ont permis d’inventorier plus de 330 pierres tombales médiévales et modernes (XIe-XVIIe siècle) sur 54 communes (fig. 1).

 

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Le périmètre du corpus a été défini arbitrairement au sud de la Haute-Vienne, privilégiant en cela l’unité géologique au détriment de limites historiques en raison des mouvances mêmes du cadre politique au cours des sept siècles que couvrent le sujet. Afin de permettre la couverture d’un vaste territoire, ce sont principalement les édifices cultuels ainsi que les cime­tières actuels qui ont été prospectés. Chaque pierre tombale a été documentée par une fiche descriptive qui lui est propre, certaines ont pu être relevées, toutes ont été photographiées. L’utilisation, en inté­rieur, d’un éclairage rasant créé par l’emploi de projecteurs a en outre permis de rendre lisible les décors à demi effacés par l’érosion, autorisant ainsi le dessin directement sur ordinateur de nombreuses dalles funéraires d’après des clichés redressés. L’exploitation de ces informations de terrain a été assurée par le biais d’une base de données, outil rendu indispensable par la quantité des pierres tom­bales inventoriées. La plupart de ces monuments funéraires sont anépigraphiques et les gisants restent rares. En effet l’iconographie funéraire limousine est dominée par la figuration de la croix, généralement représentée pattée, fleurdelisée ou trilobée. L’utilisation de motifs très semblables durant plusieurs siècles ainsi que la quasi absence d’inscriptions font de la datation un épineux problème. Plusieurs pistes de recherche, au premier rang desquelles l’archéologie, ont été explorées pour résoudre cette interrogation majeure ; cependant les découvertes de pierres tombales en contexte non perturbé sont très rares et les sources de comparaisons iconogra­phiques (numismatique, Œuvre de Limoges, vitraux, fresques, croix monumentales...) sont peu satisfai­santes. Quant aux documents d’archives, ils n’apportent aucun secours en matière de datation. La réalisation d’une typo-chronologie de ces monuments funéraires s’avère donc aussi indispensable que déli­cate. Une typologie des pierres tombales en bâtière du corpus été proposée et des tables rassemblant, de proche en proche, les croix sculptées sur les dalles funéraires (table synthétique : fig. 2) ont été établies.

Au-delà des questions de chronologie, une telle entre­prise de prospections soulève de nombreuses questions sur la représentativité des vestiges visibles. Quels sont les biais de conservation? Quelle estima­tion donner du nombre et des types de pierres tombales initiales ? La répartition spatiale à l’échelle du corpus montre qu’en dépit de fortes disparités entre les communes, on perçoit les principaux traits. De manière générale, il semble que les pierres tom­bales se diffusent d’abord dans les milieux monastiques et dans quelques foyers urbains. Ce premier essaimage, qui débute dès le XIe mais ne se densifie qu’au XIIIe, voire au XIVe siècle, réserve ce type de monument funéraire aux élites. Durant l’époque moderne en revanche, artisans et prêtres s’emparent de ce moyen d’affirmation sociale : des objets évoquant des professions (semelle pour les fabricants de chaussures, outils de découpe pour les bouchers, marteau et tenailles du forgeron, navette du tisserand...) et des éléments symbolisant des prêtres (calice, patène, manipule...) sont sculptés de part et d’autre des grandes croix habituelles. A ces éléments d’identification on ajoute souvent la représentation du bourdon et de la panetière, emblèmes du pèlerinage, sans qu’il soit nécessairement fait référence à Saint-Jacques-de-Compostelle. Tout au long du Moyen Âge et de l’époque moderne, la croix s’affirme comme la principale représentation dans l’iconographie funé­raire, or cette figuration s’avère beaucoup plus signifiante que celle de simple emblème du christia­nisme. En effet, symbole efficient du Christ, la représentation de la croix protège les défunts de la prédation redoutée des démons. Elle évoque égale­ment le sacrifice du Rédempteur et sollicite vraisemblablement sa clémence lors du jugement dernier.

Reflet de la société et de la spiritualité des époques auxquelles elles ont été produites, les pierres tom­bales médiévales et modernes limousines constituent un sujet d’étude parfois âpre, mais elles se révèlent être un prisme d’analyse fort intéressant. Leur inven­taire est urgent car elles disparaissent, notamment dans les cimetières où elles ont été remployées jusqu’au milieu du XXe siècle, et les motifs sculptés de celles qui subsistent s’érodent au point de devenir illi­sibles. La poursuite des prospections s’impose également pour permettre l’approfondissement de leur compréhension : tenter d’expliquer un ou quelques monuments funéraires reste une entreprise quasi vouée à l’échec, tandis qu’un changement d’échelle permet par l’analyse sérielle et spatiale de distinguer le particularisme local des constantes régionales, de débusquer l’influence des contin­gences politiques ou sociales, d’aborder les aspects de la production... Une thèse de doctorat est envisa­gée sur ce sujet, elle devrait prendre pour cadre le diocèse de Limoges, c’est-à-dire approximativement la région Limousin actuelle. Il s’agirait alors d’un type d’étude systématique inédit en France qui, d’après les estimations que l’on peut faire, rendrait possible un raisonnement sur un corpus d’environ 4 450 pierres tombales, si ce n’est plus.

 

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Compreignac

2007

Prospection diachronique

Sylvain LOUVET

 

 

 Les recherches effectuées par nos prédécesseurs, sur le territoire de Compreignac, ont révélé l’existence de sites illustrant une occupation du sol débutant à la période préhistorique.

La prospection de cette année s’est principalement orientée vers la révision des fiches d’entité archéolo­gique et la réalisation d’un état des lieux de nos connaissances à l’échelle du territoire communal.

Les investigations de terrain ont permis de vérifier la présence de vestiges en surface, comme les restes des tours du château du Mazet dans le bourg de Compreignac, à Montégut un bassin maçonné et la chapelle du prieuré de Montégut-le-Noir ou l’autel de la chapelle Saint-Roch au village de la Roche. De plus, la découverte d’une canalisation maçonnée à Angelard et d’une cavité souterraine à Montégut ont enrichi les données inédites relatives à cette commune. En contrepartie, par défaut de coordon­nées et de localisations précises et malgré de nombreuses enquêtes orales, les recherches sur le terrain n’ont pas permis de détecter d’éventuels indices de sol sur plusieurs sites déjà répertoriés mais non situés précisément (prieuré d’Angelard ou habitat gallo-romain à Vielleville).

La présente prospection a également permis de réali­ser plusieurs fiches de sites relatives à une prospection thématique que nous avions engagée à titre personnel, consacrée aux cavités souterraines aménagées de la commune. Ces recherches ont permis d’en identifier quatre nouvelles. La similitude de leurs configurations (entrée à flanc de colline donnant directement sur une salle/galerie unique, dimensions) amène à penser que leurs destinations sont proches. Elles se développent aux villages de Pény, au Mas-la-Roche et à Vieilleville. Une enquête plus approfondie de ce type de structure souterraine, différant des habituels souterrains ruraux médiévaux, est envisagée dans le cadre de la prospection 2008 qui portera également sur un travail de relevé ainsi que la poursuite des recherches diachroniques débu­tées cette année.