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Soudaine-Lavinadière - Prieuré de Lavinadière

2010

Moyen Age - Moderne

Patrice CONTE

 

 

  

2010 représente la campagne intermédiaire du second programme triennal engagé sur le site du prieuré du Saint Sépulcre de Lavinadière, qui devien­dra ensuite commanderie hospitalière, et de son église. Les résultats de cette année se situent donc dans le prolongement logique des travaux engagés l'an passé. Au moins 5 phases chronologiques peuvent être distinguées : la phase I correspond à une première occupation médiévale antérieure à celle du prieuré et encore mal documentée, la phase Il (entre le Xllle et la fin du XIV' s./début du XVe s.) correspond à la première phase du prieuré du Saint-Sépulcre, la phase III est marquée par l'abandon des premiers bâtiments et la construction d'un nouvel habitat en lieu et place de l'ancien prieuré (XVe-milieu XVII' s.), les phases IV et V marquent l'abandon puis la disparition du site.

 

Le prieuré/commanderie.

Les bâtiments clairement identifiés comme relevant de la phase II sont pour l'instant au nombre de deux : les bâtiments 3 et 4. Ces constructions sont désor­mais mieux connues. Le grand logis 3, malgré la destruction d'un bon tiers de son emprise lors du creusement du fossé Fs.11, s'avère doté d'un appentis sur son « arrière          au sud (S.37). Si le
dégagement de cet édicule n'est pas encore complet, il est en revanche acquis que l'essentiel de la partie inférieure de l'édifice a été préservé et a abrité une fonction spécialisée qu'il reste à identifier. Ici la strati­graphie et le mobilier, certes encore peu abondant, montrent toutefois que la période de fonctionnement de cette annexe est contemporaine du bâtiment 3 : la phase II.

A l'opposé, au nord, le groupe de fosses mises au jour livre quant à lui une première série d'informations inédites sur la phase de construction des bâtiments médiévaux de la phase II en dévoilant une pratique de prélèvement de matériau de construction (limon argileux blanc) destiné à la confection des mortiers des maçon­neries des édifices et en particulier du bâtiment 3.

Précisons également que le traitement de la docu­mentation lapidaire menée en 2009 autour d'une porte du bâtiment 1 a été reconduite cette année et étendue à l'étude de l'ensemble des vestiges décou­verts dans le bâtiment 3 et plus particulièrement dans le secteur 26. Cette analyse (étude M.-T. Guiot) intègre les restitutions en 3 dimensions ; elle a permis de préciser l'architecture du cellier du logis, de tester des hypothèses de reconstitutions de certaines élé­vations, voire dans deux cas de proposer des restitutions de structures entièrement disparues appartenant à l'étage supérieur du grand logis 3.

Le second bâtiment d'importance de cette période est également un bâtiment rectangulaire, mais de moindre taille que le précédent, le bâtiment 4. Malgré les nombreuses altérations qui ont porté sur ce vestige (recouvrement par l'extrémité du bâtiment 2, la tour d'angle du bâtiment 1, l'aménagement de la forge au cours de la phase III, récupération plus ou moins intégrale de certaines maçonneries), l'emprise de l'édifice est désormais presque intégralement connue, les limites de son mur pignon ayant été mises en évidence cette année. Il reste toutefois une incertitude concernant l'angle nord-ouest du bâtiment non encore reconnue et l'espace intérieur, situé sous l'atelier du forgeron (S.20) qui a été établi ultérieure­ment (au cours de la phase III) sur la couche de décombres du bâtiment 4. Concernant cet atelier, la fouille de 2010 a justement permis de préciser les limites de l'atelier, incertaines jusqu'ici du côté du nord : deux trous de poteaux aménagés au dépens du mur pignon nord du bâtiment 4 en fixent fort probablement la limite septentrionale.

 

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Au premier plan, le mur pignon du bâtiment 4, à l'arrière : l'église.

 

On doit également porter au rang des structures inédites de la présente campagne la découverte, à l'extrémité sud-est actuelle de la fouille, d'un nouveau fossé (Fs.18, secteur 34). Si ce creusement est bien identifié au terme de la fouille, sa chronologie reste à préciser. Certaines caractéristiques le rapprochent indubitablement du fossé de la phase III, Fs.11, établi quelques mètres plus à l'ouest : profil comparable, bien qu'un peu moins large, direction apparemment parallèle, même principe d'un mur d'escarpe maçonné édifié sur un premier niveau de comble­ment, il semble toutefois s'en distinguer par le mobilier recueilli dans les couches d'occlusion qui le rapprocherait chronologiquement de la phase II. Cependant, suivant une telle hypothèse de contemporanéité, on ne saisit pas encore précisément la relation topographique qui pourrait exister entre ce fossé et la présence voisine de l'appentis du S.34 et, au-delà vers le nord avec le bâtiment 3.

La zone occidentale du site a également livré d'autres aménagements contemporains de la phase II, même s'ils sont pour l'instant plus rares et ne restituent aucun indice traduisant la présence de bâtiments nouveaux. Le sondage sous la partie affaissée de la calade du secteur 26 à l'intérieur du bâtiment 2 a ainsi permis de confirmer la présence d'une sixième fosse de type silo, 

On doit également porter au rang des structures inédites de la présente campagne la découverte, à l'extrémité sud-est actuelle de la fouille, d'un nouveau fossé (Fs.18, secteur 34). Si ce creusement est bien identifié au terme de la fouille, sa chronologie reste à préciser. Certaines caractéristiques le rapprochent indubitablement du fossé de la phase III, Fs.11, établi quelques mètres plus à l'ouest : profil comparable, bien qu'un peu moins large, direction apparemment parallèle, même principe d'un mur d'escarpe maçonné édifié sur un premier niveau de comble­ment, il semble toutefois s'en distinguer par le mobilier recueilli dans les couches d'occlusion qui le rapprocherait chronologiquement de la phase II. Cependant, suivant une telle hypothèse de contemporanéité, on ne saisit pas encore précisément la relation topographique qui pourrait exister entre ce fossé et la présence voisine de l'appentis du S.34 et, au-delà vers le nord avec le bâtiment 3.

La zone occidentale du site a également livré d'autres aménagements contemporains de la phase II, même s'ils sont pour l'instant plus rares et ne restituent aucun indice traduisant la présence de bâtiments nouveaux. Le sondage sous la partie affaissée de la calade du secteur 26 à l'intérieur du bâtiment 2 a ainsi permis de confirmer la présence d'une sixième fosse de type silo, même si les conditions de sécurité n'ont pas permis d'en mener la fouille exhausti­ve. Le prolongement de la conduite Can.01 de direction est/ouest depuis le bassin Bas.01 a également été reconnu dans sa partie occidentale (S.3/38). Dans ce secteur, sa profondeur et sa largeur, nettement plus importantes que dans les parties précédemment reconnues laissent penser que l'on se trouve probablement à proximité de son exutoire vers la pente située à l'ouest. Dans la partie occidentale de la cour, deux nouveaux courts seg­ments de murs ont été mis au jour cette année (Mr.62 et 65). Leur position chrono­logique reste difficile à établir du fait des nombreux bouleversements générés par l'intense pratique de récupération de matériaux menée dans cette partie du site lors de son abandon (phases IV et V). Les questions de 2009 portant sur l'hypothèse d'un mur de clôture de la cour ou celle d'un nouveau bâtiment restent donc, pour cette année encore, non totalement réglées.

 

Concernant les vestiges relevant de la phase III, période d'abandon des bâti­ments médiévaux au profit d'une nouvelle organisation reposant sur deux bâtiments rapprochés de l'église et dis­posés en équerre autour de la cour S3, de son bassin et de son puits, la cam­pagne a essentiellement porté sur la poursuite de l'exploration de la cuisine située dans la partie ouest du bâtiment 2. le sondage sous la calade et l'évier de boucherie a permis de montrer, outre la découverte d'une nouvelle fosse précédemment évoquée, que l'aménagement du sol relève de plu­sieurs séquences d'occupation, la dernière étant marquée par la création de la calade à l'ouest. A l'est, devant la cheminée Fy.2, on a pu en revanche noter la fréquence des séquences de nettoyage des cen­driers du foyer et de recharge par apport de couches sableuses destinées à assainir la pièce et retrouver un sol relativement plan. Un mobilier non négligeable en quantité et qualité (monnaies, étude D. Dussot...) a pu être recueilli et complète les séries déjà exhu­mées. Son étude se poursuit d'ailleurs, ainsi que celle du mobilier céramique assez abondant, bien que très fragmenté, provenant de la couche d'épan­dage dépotoir située au nord-ouest de ce bâtiment (S.25) et relevant, pour le niveau concerné par la fouille cette année, de la phase II (XIV' s.).

 

L'église priorale de Lavinadière

 

En 2010 deux périodes de fouille ont été consacrées à approfondir nos connaissances sur l'église ; l'une en amont du chantier d'été a porté sur une nouvelle partie de la zone du chœur de l'édifice, l'autre, durant le chantier d'été, a concerné l'extérieur de celui-ci, au contact de la zone d'inhumation située au nord-est du chevet (S.14).

Dans l'église, bien que d'ampleur limitée, le sondage réalisé a permis de confirmer que le sol dallé actuel­lement visible relevait d'un aménagement très récent, fort probablement de la fin du XIXe s. Il a toutefois révélé un état antérieur de la période moderne cor­respondant à une limite plus restreinte du chœur et à une altitude inférieure de celle d'aujourd'hui. La dépose des dalles a également rendu possible une observation plus complète de la première pierre tombale portant gravée la croix patriarcale, insigne de l'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. On a ainsi pu mettre en évidence l'existence d'un décor simple sur les faces latérales de la pierre, donnée inédite parmi les pierres comparables du corpus limousin (étude M. Durier). Mais l'opération a également permis de découvrir deux nouveaux exemplaires de dalles funé­raires. Si la première est assez simple, au profil en bâtière et sans décoration, ce qui la rapproche d'autres exemplaires médiévaux déjà étudiés à Lavinadière, la seconde s'avère plus originale et semble appartenir au même type que celle visible avant fouille. Son décor, invisible car la dalle a été posée retournée, est également celui d'une croix à double traverse représentée sur un socle quadrangulaire. Cette pierre possède également un décor latéral, visible sur la face qui n'a pas été recoupée, ce qui est aussi le cas des deux extrémités, retaillées en biseau. Les deux dalles décorées, ici en remploi, pourraient correspondre à une signalétique funéraire datant au plus tôt du XVe s. et plus vraisemblablement du siècle suivant.

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Dessin de la pierre tombale décorée de la croix patriarcale (insigne de l'ordre du Saint Sépulcre) découverte en 2010 dans le chœur de l'église de Lavinadière.

 

Enfin, le sondage a permis de repérer et de fouiller en partie deux sépultures orientées est-ouest, l'une disposée crâne vers l'ouest, l'autre vers l'est. L’absence de mobilier directement associé à ces deux tombes empêche d'en préciser la datation. Toutefois, la stratigraphie et le mobilier découvert dans les niveaux de recouvrement plai­dent pour une chronologie de la fin du Moyen-Âge ou du début de l'époque moderne, une datation 14C devrait, en 2011, préciser ce point (étude J. Roger).

 

Ainsi, si l'étude des documents d'ar­chives permet bien de confirmer l'information érudite du XIXe s. évoquant la présence d'inhumations de certains vicomtes de Comborn, descendants du donateur originel Archambaud IV, en précisant d'ailleurs qu'il s'agit de trois descendants de ce lignage (Guichard III, IV et V), la fouille, même si elle révèle bien la matérialité d'inhumations ne permet pas de confirmer qu'il s'agit effectivement des dépouilles des membres de cette famille dont l'histoire est indissociable de celle du prieuré de Lavinadière (étude A. Marty). On doit ici retenir également l'hypothèse d'inhuma­tions correspondant à certains des prieurs/commandeurs qui ont été à la tête de la com­munauté religieuse au Moyen Âge et à l'époque moderne.

A l'extérieur de l'église, l'extension de la fouille du cimetière vers cette dernière a permis, en 2010, d'ef­fectuer une double découverte. D'abord celle d'une nouvelle tombe qui présente un mode de couverture inédit sur le site formé d'une maçonnerie de dalles disposées à plat dont deux éléments paraissent appartenir à une même meule fragmentée (Sep.13). Ensuite, une nouvelle maçonnerie au parement cur­viligne a pu être mise en évidence (Mr.66). Bien qu'il ne s'agisse encore que d'un court segment, la fouille a montré que ce mur intègre au moins un contrefort plat et constitue le chevet originel absidial de l'église. Pour l'anecdote, c'est la découverte initiale de ce vestige vers 1878, lors de la création de la sacristie actuelle, qui expliquerait sa forme actuelle, égale­ment courbe, les maçons se bornant à reprendre comme fondation du mince mur prévu le côté inté­rieur du vestige ancien.

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Plan simplifié des vestiges du prieuré de Lavinadière (Corrèze) (état 2010).
Seules les références du texte sont mentionnées sur le plan

 

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Veix - Le bourg, "au château"

2010

Moyen Age

Patrice CONTE, Julie DUPONCHEL 

 

 

 

 

 La première mention connue d'un château à Veix remonterait au XlVe s. lorsque le pape Clément VI permit à l'abbé d'Uzerche d'affermer son prieuré de Ves décrit comme possédant « seigneurie, juridiction et maison-forte ». Aujourd'hui aucun vestige en élévation n'est actuellement visible dans le village, en revanche, plusieurs anomalies de terrain et la tradi­tion situent les ruines à quelques mètres en contre-haut de l'église. La recherche d'un lieu adapté à la création d'une réserve d'eau a amené la commune à s'interroger sur la réutilisation d'un fossé existant au sud du site, en bordure d'un chemin de desserte rurale. Un sondage a donc été mené par une équipe de l'association ArchéA afin de vérifier si ce fossé pouvait être lié au château voisin. Une pre­mière topographie de la zone a été réalisée à cette occasion.

Le sondage réalisé perpendiculairement dans la partie occidentale du fossé n'a pu atteindre le fond de celui-ci du fait de l'apparition rapide d'une nappe d'eau, il a cependant permis d'effectuer plusieurs observations :

 

  • la maçonnerie en pierre sèche qui équipe chacun des flancs du fossé n'est pas établie depuis la base de celui-ci mais est fondée sur un remplissage ancien. Ce mur correspond en fait à l'aménagement d'un étang, probablement à l'époque moderne comme en témoignent les quelques vestiges céramiques qui sont associés à sa fondation ;

 

  • la couche la plus profonde, aujourd'hui gorgée d'eau correspond de fait au remplissage d'une struc­ture antérieure. L'étang récent a donc été réalisé à l'emplacement du fossé médiéval qui bordait la maison-forte au sud. Le relevé topographique de la zone permet de circonscrire son emprise qui était plus large (restes d'un mur situé au nord du bord du fossé actuel).

 

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Stratigraphie frontale du sondage 1
 

 

L'opération a également permis d'effectuer quelques autres observations grâce à la rectification des bords d'un creusement ancien portant sur le même côté que le sondage vers l'est. La stratigraphie partielle relevée à cet endroit témoigne d'une importante séquence d'effondrement certainement liée à l'écroulement d'élévations appartenant au château situé immédiatement en contre-haut du fossé. Plusieurs blocs de granite portent des traces de contact au feu, corroborant l'hypothèse d'un incendie du site que la tradition associe à « l'incendie des Monédières » au cours des guerres de Religions du XVIe s., événement dont l'authenticité reste encore à démontrer.

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Le «tertre» du château après dégagement de la végétation. Vue depuis le nord-est : au fond le tertre correspondant au château. Au premier plan : relief pouvant correspondre à une enceinte de terre maçonnée.

 

Le sondage et les observations de terrain ont été complétées, dans un second temps, par la réalisa­tion d'une topographie en courbes de niveaux de l'ensemble du site (B. Hollemaert, Eveha) rendue possible grâce au nettoyage complet de la végéta­tion recouvrant le site par la municipalité de Veix. Les vestiges cartographiés s'inscrivent dans une emprise d'une superficie d'environ 5 000 m2 ce qui, par comparaison à d'autres sites limousins, corres­pond à la taille de résidences aristocratiques de type « maison-forte ». Si quelques travaux d'aménagement rural récents perturbent la lisibilité en périphérie du site à l'est et à l'ouest, il est cependant possible d'isoler une éminence centrale d'environ 400 m2 correspondant probablement aux corps de logis du château doté d'au moins une tour. Au nord, un fossé associé à un relief allongé marque la limite du site bâti et traduit la présence d'un élément de fortifica­tion (enceinte maçonnée ?).

 

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Vue de la partie nord du sondage en cours de fouille.

 

Cette opération de fouille, bien que limitée, a toute­fois permis, en associant sondage et relevés topographiques, d'obtenir un début de documenta­tion sur ce site déserté qui mériterait certainement de plus complètes investigations.

 

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Canton de Treignac, Lestards

2010

 Prospection diachronique

Julie DUPONCHEL

 

 

 

 Les prospections menées sur le canton de Treignac et la commune de Lestards sont intervenues dans le cadre d'un mémoire de Master 2 ayant pour but de connaître et d'étudier l'occupation humaine dans le ter­ritoire, au cours du Moyen Age. Toutefois, un certain nombre de sites n'entrant pas dans cette fourchette chronologique ont également pu être répertoriés. Il s'agissait, suite à l'examen des textes anciens et des études antérieures, de vérifier l'existence ou non des sites dont une liste avait été préalablement établie. Si celle-ci recoupe celle de la base Patriarche (SRA) ; les prospections ont toutefois permis de répertorier quelques sites inédits.

Sur la commune de Veix, cinq pierres allongées nous ont été indiquées sur un flanc du puy Galingard ainsi qu'une autre, récemment couchée, au lieu-dit « Cors ». Ils pourraient s'agir de menhirs, mais il n'y a pas, pour l'heure, d'autres éléments pouvant confirmer cette hypothèse. La période Préhistoire/Antiquité est également représentée par plusieurs découvertes de silex, en divers points du bourg de Veix. A quelques mètres en contrebas du bourg, une élévation de terre (40 m de long sur 18 m de large), dont la nature n'a pu être déter­minée en l'absence de mobilier et structures, a d'abord été prise pour une motte médiévale — qui pourrait être en lien avec la famille des chevaliers de Ves, connue par les textes anciens (cf. à ce sujet Duponchel, 2010, vol. 1, fiche n°66 concernant la maison forte de Veix). Il semble toutefois certain, quel que soit sa nature, que ce tertre ne soit pas naturel. Deux souterrains annulaires ont été identifiés à « Lasmay » et « Lacombe ». Une portion de la voie ancienne vers Treignac et les Monédières a fait l'objet d'un relevé en coupe, à la faveur de travaux menés dans le bourg. Enfin, un ensemble de bâtiments abandonnés ont été visités dans le bois dit « des Cabanes ». Il comprenait au moins un fournial, un abri en pierres sèches, une croix en granite et des édifices non identifiés (probablement des bâtiments d'exploitation). Le village des « Cabanes du Bos » est mention­né au XIXe siècle sur l'Atlas topographique, agricole et géologique du département de la Corrèze (dressé entre 1860 et 1875).

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Menhir de Cors (Veix).

 

Sur la commune de L'Eglise-aux-Bois, une borne seigneuria­le a été identifiée au lieu « Le Firmigier ». Elle se présente sous la forme d'une pile en granite d'environ 0,70 m de hauteur, dont les quatre faces, ainsi que la face supérieu­re, sont sculptées. L'un des côtés pré­sente trois bâtons rappelant les armes de la famille Pichard, propriétaire des lieux au XVIe siècle. On peut également reconnaître une croix latine renversée, des fleurs de lys renversées et un animal (un lion ?). Malheureusement, cet élément n'est plus en place, ce qui rend difficile son interprétation.

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Borne seigneuriale du firmigier, armes de la famille Pichard ? (l'Eglise-aux-Bois)

 

Une motte médiévale a été localisée au lieu » Le moulin de Magoutière », sur la commune de Soudaine-Lavinadière. Toutefois, aucun texte ni lignage n'a pu lui être associé. En l'absence de mobilier et de structures, il est également difficile de la dater.

Ces prospections ont surtout permis de mieux connaître des sites dont l'existence était déjà connue mais qui n'avaient fait l'objet d'aucune étude. C'est à cette fin que des fiches descriptives ont été établies, permettant, outre les données géographiques, de présenter l'histoire du site et d'en fournir une description dans le cas où celui-ci a été conservé. A partir de là, une synthèse a été rédigée, montrant les caractères originaux de cette occupation (cf. Duponchel J., Formes et évolutions de l'occupation du sol dans le canton de Treignac au Moyen Age, mémoire de Master 2, université Bordeaux 3, 2010, 2 vol.). Nous renvoyons également au rapport remis au SRA à la suite de cette prospection (Duponchel J., Rapport de prospection-inventaire. Canton de Treignac/commune de Lestards, Service Régional de l'Archéologie, Limoges, 2010).

 

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Janailhac - Eglise

2010

Moyen Age - Moderne

 Patrice CONTE

 

 

 

L’engagement de travaux de restauration dans l'égli­se paroissiale Saint-Eutrope a nécessité et permis une prise en compte archéologique alors que ceux-ci étaient déjà engagés sur le terrain. Grâce au soutien de la commune et la collaboration des entreprises et de l'architecte en charge des travaux une opération fractionnée tout au long de l'année a pu être réalisée. Elle a été développée aussi bien sous la forme de sondages ponctuels que de relevés d'élévations ou d'observations architecturales par une équipe formée de deux agents du Service Régional de l'Archéologie, de plusieurs membres de l'association ArchéA-Limoges et de deux agents communaux.

Plusieurs parties de l'édifice ont ainsi fait l'objet d'ob­servations permettant à terme de renouveler nosconnaissances sur cet important édifice qui, à l'instar de nombreuses églises rurales limousines demeure encore très mal connu.

Les premières observations ont concerné le démon­tage d'un mur récent qui isolait la tour dite « de l'escalier » du chœur de l'église permettant de décou­vrir un fragment de la partie inférieure d'une statue en calcaire polychrome appartenant probablement à un évêque ou à saint Eutrope et deux dalles funéraires en granite à profil en bâtière réutilisées comme pié­droits d'une porte. Cette dernière découverte a permis de documenter l'ensemble des 8 pierres tom­bales décorées désormais connues à l'église de Janailhac (M.Durier).

Une seconde série d'observations a été consignée dans la tour « du clocher », située à l'opposé de la précédente contre le gouttereau nord de l'église. Le sondage réalisé sur une partie du sol de cette tour aux murs épais a révélé, sous les restes d'une couche de cailloux liés à la chaux correspondant à une aire de gâchage de mortier, un remblai incluant quelques ossements humains dispersés et des frag­ments de céramique modelée grise de l'extrême fin du Moyen Age ou du début de l'époque moderne. Mais l'opération a surtout permis de préciser la chro­nologie relative de la tour et de dégager la base du mur de l'église et toute la partie inférieure, conservée tout de même sur plus de 5 m de haut, d'une colonne engagée circulaire presque totalement recouverte par le mur est de la tour. La présence de cet élément architectonique et certaines caractéristiques de la base du mur de l'église confirment d'une part la pos­tériorité de l'édification de la tour « du clocher » mais suggèrent d'autre part que le chœur actuel de l'égli­se à chevet plat est le résultat de la modification tardive (fin XVe - début XVI' s. ?) d'un chœur plus ancien relevant d'une autre architecture, absidiale ou à pans coupés.

 

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 Sondage du chœur, devant l'arcature de la tour de l'escalier : au fond, le parement intérieur du mur du chevet originel à pans coupés (mire : 0,50 m).

 

Afin de vérifier cette hypothèse, trois autres sondages ont été menés dans le chœur même de l'église mettant à profit la réfection de son plancher. Le premier, situé au centre, à l'emplacement supposé de l'extrémité d'un premier chevet s'est avéré en partie décevant puisque la fouille a révélé une importante maçonnerie quadrangulaire correspondant au massif de fondation d'un maître-autel et masquant probablement le mur de l'ancien chevet. La fouille limitée sur une partie du pourtour de la maçonnerie a livré plusieurs réductions de sépultures accompa­gnées d'une obole de Hugues X de Lusignan (1208-1249) (D. Dussot).

En revanche, deux autres son­dages limités en surface, effectués de part et d'autre du chœur, ont permis de confirmer l'hypothèse du tracé et de l'architecture du chevet originel en livrant chacun l'angle de maçonneries antérieures, témoi­gnant ainsi d'une construction initiale à pans coupés. Le chœur de l'église médiévale de Janailhac s'apparentant ainsi à d'autres connus dans les environs, comme celui par exemple de l'église voisine de Nexon ou celle de Ladignac-le-Long.

De nombreuses autres données ont pu être recueillies et documentées au cours de l'opération et en partie grâce aux travaux de réfection, qu'il s'agisse de détails architecturaux concernant la voûte complexe du chœur tardif (culots sculptés, inscriptions gravées de lettres grecques sur les nervures et clés de la voûte à liernes et tiercerons...) ou sur l'organi­sation même de l'édifice que l'on doit désormais ranger dans la catégorie des églises fortifiées proba­blement au début de l'époque moderne. Précisons enfin qu'un plan précis de l'église a également été levé (B. Hollemaert), il permettra de situer les décou­vertes effectuées au cours de l'opération et d'analyser la structure de l'ensemble de l'édifice.

Si les conditions d'intervention sur un monument en cours de travaux ne sont jamais idéales, dans le cas précis de l'église de Janailhac l'investissement et les efforts des différents intervenants ont cependant permis d'obtenir une série importante de données permettant de renouveler de manière inédite nos connaissances concernant cet édifice. En retour, l'opération archéologique a permis de proposer des choix de mise en valeur non envisagés initialement, à la satisfaction, semble-t-il, de tous les partenaires du projet de restauration.