RECHERCHES SUR LE SITE MÉDIÉVAL DE CHÂLUCET
(SAINT-JEAN-LIGOURE) 1

 

Patrice Conte, Bernard Pousthomis, Christian Rémy

 

 

L'évaluation archéologique menée durant l'année 1999 et une partie de 2000 par le bureau HADES sur le haut Châlucet a abouti à la réalisation d'un volumineux rapport de près de 1000 pages, réalisé à la suite d'une minutieuse analyse des élévations conservées et une série d'une vingtaine de sondages stratigraphiques 2. Les résultats de ce travail — inédit pour la région — constituent aujourd'hui une base de réflexion très fournie tant pour les options de consolidation des ruines que pour les projets d'aménagement et de communication auprès du public. Quelques sondages et opérations complémentaires ont été également menées en 2000 sur les lices du haut château, en particulier sur un bâtiment à contreforts encadrant l'emprise castrale au nord3.

Parallèlement, la fouille programmée sur le bas château s'est enrichie d'une nouvelle campagne, conduite pour l'essentiel durant l'été 2000. Là encore, les recherches livrent une série de données inédites concernant l'agglomération castrale et un nouveau noyau du castrum .

Enfin, les recherches historiques se poursuivent. Elles ont permis de localiser trois chartes concernant maître Géraud de Maulmont, le bâtisseur du château neuf du haut Châlucet, dont l'une est munie d'un fragment de son sceau.

  1. LES INVESTIGATIONS ARCHÉOLOGIQUES DE 1998 ET 1999 (HADÈS)

1.1. La porte d'accès aux lices (fig. 1 : 1). — Implantée sur le « chemin du Capitaine » ou de pouge qui parcourait le site dans toute sa longueur, cette porte se présente comme un massif de plan trapézoïdal aux murs très épais (2,50 m). Elle est traversée par un passage couvert en berceau brisé. La maçonnerie liée au mortier emploie exclusivement un appareil réglé de blocs de schiste à face dressée. En arrière de la construction, sur la face sud, la trace d'une engravure de solin traduit l'existence d'un petit bâtiment accolé, aujourd'hui disparu (fig. 2).

 

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Une feuillure sur la face externe et un trou barrié indiquent la présence d'une porte laissant un passage libre de 2,20 m. Mais on ne trouve aucune trace de herse, d'assommoir ou de bretèche protégeant le passage. Ces défenses se trouvaient peut-être dans les parties supérieures. Elles ont été visiblement arasées puis rehaussées par un, parapet de 0,60 m de large, conservé sur une quarantaine de centimètres de haut, bâti en petit appareil de schiste à face plus ou moins dressée.

À l'ouest, les vestiges de deux maçonneries bâties à la terre semblent former un mur de soutènement en bordure de la voie de circulation. Ces murs, bien que paraissant plaqués sur chacune des faces opposées (nord et sud) de l'édifice, pourraient être d'une réalisation plus ancienne.

Il ne subsiste pas d'autres maçonneries permettant de relier cet ouvrage aux défenses avancées du château haut. Mais le talus sur le côté ouest n'a pas été exploré et, à l'est, la forte pente naturelle du site était peut-être suffisante pour assurer une protection.

L'importance de l'ouvrage et son implantation très en vue ne permettent pas de le désigner comme une poterne. Il devait participer à la protection de la lice qui entoure le château haut, en liaison avec d'autres structures aujourd'hui mal identifiables par leur état de ruine avancée ou leur enfouissement. On ignore à quelle époque.

cette porte monumentale a été édifiée. L'appareil en schiste aide peu à la datation. Il ne semble pas pouvoir être lié aux constructions les plus anciennes du site (donjon, tour Jeannette). C'est sans doute à la campagne de travaux de Géraud de Maulmont, dans le dernier quart du xure siècle ou plus probablement peu après (début )(Ive siè­cle) qu'il faut vraisemblablement le rattacher.

1.2. Une chapelle castrale inédite ?(fig. 1 : 2) — Située à peu près à mi-distance entre le château haut et la « tour Jeannette », une maçonnerie à contreforts plats était depuis toujours visible malgré le lierre. Si on pouvait supposer, a priori, qu'elle appartenait à un bâtiment, son plan et sa fonction restaient à déterminer Il est prématuré de tirer des conclusions définitives de cet édifice à peine entrevu par un dégagement superficiel des murs et un sondage archéologique. Toutefois, les premières observations, même sommai­res, des maçonneries et du plan semblent traduire deux phases dans l'édification.

On peut d'abord supposer un bâtiment primitif aux murs épais (1,30 à 1,60 m), de plan carré (environ 8 x 8 m) et bâti avec soin5 (fig. 3). Ce type de construction à contreforts plats cantonnant les angles, semble caractéristique des donjons des xne et mie siècles (Château-Chervix, Salon-la-Tour, Saint-Yrieix, etc.6) mais aussi de toute une série d'églises contemporaines de la région.

Nous ignorons les raisons de la destruction de ce premier édifice. Mais lorsqu'on entreprend sa reconstruction, on double sa surface en l'étendant vers l'est. Cette extension reprend le principe des contreforts plats, mais les maçonneries sont de médiocre qualité, liées à la terre, et les murs moins épais. Ce nouveau bâtiment est sans aucun doute une chapelle orientée, à nef unique et chevet plat, dont l'entrée se situe au centre du mur sud (fig. 4).

 

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L'absence de claveaux et la découverte de tuiles au contact direct du sol indiquent que l'édifice était simplement charpenté et sans doute pourvu d'une couverture mixte, en tuiles plates et dalles de schiste.

Le dénivelé entre la terrasse méridionale et le sol de la nef retrouvé nécessite un escalier dont nous avons cru reconnaître quelques degrés dans l'épaisseur de l'entrée. Le choeur est surélevé de deux ou trois marches et les parois de la chapelle semblent avoir été enduites. Des vestiges de mortier beige, couverts d'un badigeon blanc (un vestige avec une ligne rouge), subsistent par plaques sur les murs intérieurs, mais dans un très mauvais état de conservation.

Une banquette maçonnée, bâtie contre le mur oriental et précédée d'une grande dalle de granite, pourrait être le vestige d'un massif d'autel. Les deux pierres taillées dressées, retrouvées plus en avant dans le chœur, pourraient appartenir à un autre support d'autel à moins qu'il ne s'agisse plutôt d'un vestige de clôture liturgique. Enfin, une épaisse dalle de granite à trois bords chanfreinés, sans doute une table d'autel, et la présence d'une cuve baptismale octogonale sur un côté de la nef complètent l'aménagement.

Dans l'attente d'une fouille de ces vestiges — prévue avant l'été 2001 — il n'est pas possible d'avancer une date pour la construction de cette chapelle. Tout au plus peut-on proposer le xve ou XVie siècle par le peu de soin apporté aux parements et par les tessons de poteries découverts sur le sol de la nef. L'abandon et la ruine semblent intervenir vers le xV1Ie siècle, date fournie par les fragments de pots les plus récents de la partie basse de la couche de démoli­tion 7.

On ignore à quelle phase se rattache un étroit escalier taillé dans la roche sur le flanc nord. Il pourrait tout aussi bien s'agir d'un accès lié au bâtiment primitif que d'un escalier creusé pour les besoins du chantier de construction de la chapelle. Quoi qu'il en soit, à cet endroit le mur nord — fort mal conservé — ne semble pas porter la trace des montants d'une porte.

Les rares données historiques ne nous éclairent guère. Les textes anciens mentionnent bien à Châlucet l'existence de deux chapelles ou églises — Saint-Thomas et Saint-Blaise 8 — en plus de la chapelle du château haut. Mais seules de nouvelles découvertes documentaires et archéologiques seraient susceptibles de rattacher l'un ou l'autre vocable à l'édifice découvert.

1.3. La courtine nord-est du bourg castrai (fig. 1 : 3). — Les vestiges actuels de ce secteur forment un long mur de soutènement en ligne brisée. Deux phases de construction ont pu être déterminées.

Un premier bâti, au sud de la zone, forme un angle droit cantonné de deux contreforts plats. La maçonnerie, large de 1 à 1,15 m, est bâtie en blocs de schiste liés à la terre, formant un parement irrégulier. Le dégagement de ce mur n'est pas suffisant pour savoir s'il s'agit d'un édifice isolé ou d'un angle de rempart. Dans une seconde phase, ce mur est étendu jusqu'à l'extrémité nord du bourg. Son développement en ligne brisée intègre une porte dont un des montants a été retrouvé. Ce rempart, épais de 1,25 à 1,40 m est bâti avec moins de soin que le précédent.

1.4. Une façade de maison castrale (fig. 1 : 4). — La courtine ouest du bourg castrai conserve une seule élévation qui appartient au mur occidental d'un bâtiment de 35 m2 environ de surface intérieure (5,10 x 6,80 m). La maçonnerie, large de 1,17 à 1,40 m, parementée en blocs de schiste éclatés montés en assises irrégulières, se caractérise par de nombreux calages. Elle est liée à la terre, mais quelques indices permettent de penser que ces parements étaient jointés au mortier. De plus, les nombreux trous de boulin ont été obturés une fois la construction achevée (fig. 5).

 

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L'élévation indique une bâtisse à trois ou quatre niveaux. Un retrait du mur marque à chaque étage le support du plancher dont les poutres de rive portaient sur des corbeaux peu saillants. À la base, une cave est seulement éclairée par un jour. Les l et 2 étages sont pourvus d'une baie axiale couverte en plein cintre et dotées de coussièges, percées au travers du rempart. Les ébrasements conservent de rares traces d'enduit au mortier ocre. On ignore si le 3 étage était habitable. Le ressaut dans la maçonnerie pourrait tout aussi bien correspondre au plancher d'un niveau de comble. Ce pan de mur appartient à une maison patricienne que seule la forme des baies — et plus précisément de l'arrière voussure en arc segmentaire —permettrait d'attribuer au xivc siècle.

L'observation du parement extérieur a permis de découvrir qu'une courtine a précédé dans le temps cette façade. En effet, à son extrémité sud est conservée une maçonnerie en longs blocs de schiste liés à la terre, épaisse de 1,60 m environ. Le dévers qu'elle présente vers la vallée indiquerait un écroulement partiel de cette fortification. Lors de la construction de la maison, l'angle sud-ouest a été greffé à l'arrache de ce rempart, mais sans en suivre le faux aplomb (verticalité du bâti oblige).

L'étude du seul mur encore en élévation de ce type de maison patricienne montre donc une certaine qualité de construction et de confort qui n'a rien à envier aux maisons urbaines contemporaines de Figeac, Cahors ou Excideuil par exemple IO.

Bernard POUSTHOMIS

  1. CHÂLUCET : UN BAS CASTRUM DENSÉMENT BÂTI

Les recherches 2000 concernant la bas castrum se sont développées autour de trois secteurs. L'un concerne directement le tracé de l'enceinte castrale et complète ainsi les données acquises lors des précédentes campagnes de 1998 et 199911 et celles acquises lors des opérations ponctuelles conduites par l'équipe d'Hadès 12 (fig. 1 : 4). Le second correspond à la zone bâtie située à l'intérieur du castrum, il s'agit ici de l'extension de la fouille de 1999. Enfin un troisième secteur a fait l'objet d'une première intervention, limitée en superficie, à mi-chemin entre la confluence des rivières Briance et Ligoure et la tour Jeannette.

 

2.1. L'enceinte (fig. 1 : 5). — Réalisé à l'angle nord-est de la muraille septentrionale, le sondage 2000 a permis de réfuter l'hypo­thèse parfois admise de la présence d'une tour circulaire flanquant l'angle de l'enceinte. Une simple chaîne d'angle marque en fait tout simplement la jonction des murs nord et est. En revanche, les travaux dans ce secteur ont permis de confirmer plusieurs constats déjà effectués lors des opérations précédentes effectuées sur le segment d'enceinte situé à l'ouest, côté Ligoure :

— La présence, en pied de mur, d'une escarpe rocheuse formant également, cette fois-ci, le flanc méridional du fossé qui barre transversalement l'éperon et l'isole de l'extrémité du plateau jusqu'à la confluence des deux rivières.

— Un mode d'élaboration de l'enceinte qui ne procède pas d'un aménagement uniforme et synchrone mais, au contraire, de plusieurs phases de construction comme en témoignent les diverses reprises verticales de maçonnerie en plusieurs endroits. Toutefois, l'absence de variations architecturales et d'éléments concrets de datation ne permet pas, pour l'instant, de situer chronologiquement les différents moments de ce qui pourrait être la construction d'une enceinte procédant d'agrandissements successifs.

La surveillance archéologique des travaux de cristallisation des ruines a également permis de repérer deux ouvertures, les seules identifiées jusqu'ici, dans le mur nord de l'enceinte ainsi que plusieurs éléments sur la face interne de l'enceinte (corniche, mur perpendiculaire) qui suggèrent la présence de bâtiments accolés contre l'intérieur du rempart (fig. 6).

 

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2.2. Le village castral (fig. 1 : 6). — Aux premiers bâtiments initialement repérés en 1998 et fouillés en 1999 (bâtiment I et II), il faut désormais ajouter deux autres édifices partiellement étudiés en 200013. Le bâtiment III est immédiatement situé à l'ouest de la maison II, la relation entre les deux constructions étant assurée .par une porte aménagée dans le mur mitoyen. Contrairement à la maison 114 ce nouvel édifice ne fait corps ni ne s'appuie sur l'enceinte côté Ligoure. L'espace situé entre les deux monuments est utilisé à la fois pour la circulation et les activités de rejet. L'aménagement d'une terrasse et d'un passage construits le long des murs ouest et nord du bâtiment III répond à cette fonction de circulation au sein du castrum et de distribution aux différents bâtiments situés dans le secteur. C'est en contrebas du passage situé à l'ouest, contre le bâtiment III, que se développe jusqu'au parement interne de l'enceinte un dépotoir . Son pendage semblant d'ailleurs signifier qu'une ouverture (poterne ?) devait être ménagée dans le rempart à cet endroit, ce qui expliquerait la faible hauteur de la partie conservée de l'enceinte dans ce secteur.

Au nord de ce premier « îlot » constitué des bâtiments II et III la fouille a été étendue sur plusieurs dizaines de mètres carrés afin de reconnaître un vaste tertre pierreux interprété a priori comme étant un autre bâtiment. L'investigation, bien qu'encore partielle, a permis de confirmer cette hypothèse en révélant en même temps une nouvelle construction souterraine portant ainsi à deux le nombre de ce type d'aménagement sur le site 16 (fig. 7).

 

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Cette nouvelle cavité diffère cependant de celle découverte en1998 par plusieurs caractéristiques. Contrairement à la précédente, dont seul un accès et un court corridor maçonnés ouvraient sur une vaste cavité aux contours irréguliers, la cave 2 s'organise en un ensemble de trois parties :

  • L'accès, partiellement fouillé, est également maçonné.
  • Une première cellule, de plan quadrangulaire dont la partie inférieure est excavée dans le rocher et dont la voûte en berceau est construite en lames de schiste liées au mortier. Un conduit équipe cette voûte, plusieurs logements des supports de cintre de la construction de la voûte sont conservés ainsi qu'une niche dans la paroi nord de la salle.
  • Un passage sous arc distribue la seconde cellule souterraine, entièrement aménagée dans le rocher.

C'est donc à la fois un édifice comparable par son ampleur et son bon état de conservation mais qui apparaît plus complexe dans sa structure et laisse une place plus large aux parties maçonnées. Elle diffère également de la précédente cavité dans sa relation au bâti de surface, puisque, contrairement à la cave 1 dans laquelle on pénètre depuis l'intérieur de la maison II, l'accès à la cave 2 s'effectue apparemment depuis l'extérieur 17, le long de la façade du nouveau bâtiment repéré dans ce secteur de fouille.

Le début de la fouille des comblements de cet ensemble souterrain a livré un mobilier d'abandon peu important quantitativement mais cependant digne d'intérêt. Sur le sol de la partie la plus profonde des ossements animaux ont été découverts près d'un petit foyer, ils sont accompagnés de fragments de céramique à pâte blanche, fine et à glaçure externe verte qui évoque les productions saintongeaises de la fin du Moyen âge. Dans la première partie de la cave ce sont d'autres ossements animaux et plusieurs éléments lapidaires qui ont été découverts : claveaux en granite chanfreinés, élément de colon­nette en serpentine provenant probablement d'une baie du bâtiment qui surplombe l'accès de la cave.

Le nouveau bâtiment (IV) identifié dans le même secteur que la cave se démarque des autres constructions reconnues à la fois par son orientation et certains traits architecturaux spécifiques : murs sensiblement plus épais et présence, sur chaque face, de deux contreforts plats. Ces particularités le rapprochent de plusieurs autres constructions du site : la tour « Jeannette » et la construction de la courtine nord-est du bourg castrai 18 en ce qui concerne l'orientation, la précédente construction et la construction transformée en église sur les lices du haut château pour ce qui concerne la présence de contreforts d'angle. Le sondage 2000 a permis de repérer l'accès (ou l'un des accès) dans le mur nord du bâtiment. Conservée sur 0,60 m de hauteur cette porte était recouverte par un muret en pierre sèche se surimposant au mur et se développant sur toute la largeur du castrum, parallèlement à la courtine nord. Cet aménage­ment, postérieur à l'abandon du bâtiment IV, correspond fort proba­blement à un muret parcellaire lié à la réutilisation agricole d'une partie du site après son abandon, au cours de la période moderne (fig. 6).

Un quart de l'espace interne du bâtiment a été exploré. La stratigraphie révèle une très épaisse couche d'effondrement de plus de 2,5 m de hauteur qui confère au bâtiment, dans son état originel, des dimensions verticales importantes qui l'apparenterait à un édifice de type « maison-tour «. Sous cette strate d'abandon un sol d'occupa­tion a été en partie mis au jour. En surface de ce sol on a recueilli un mobilier diversifié de céramiques, faune et objets métalliques (clous, outils, serrure...).

 

2.3. Hors les murs : un nouveau secteur d'habitat (fig. 1 : 7). — Située sur le versant occidental de l'éperon, à quelque cent mètres de la confluence le long du chemin qui traverse le site (« chemin du Capitaine «), la découverte d'une maçonnerie ruinée pouvait, avant fouille, évoquer les restes d'un système d'entrée fortifiée avancée du castrum, un peu à l'image de la porte d'accès aux lices du haut château 2°. Le sondage n'a pas confirmé cette hypothèse, en révélant, au contraire, un nouvel ensemble de structures qu'il conviendrait plutôt d'associer aux réalisations à finalité d'habitat plutôt qu'à celles relevant de la fortification 21. La fouille a ainsi permis de distinguer deux phases d'aménagement. La plus récente, d'époque moderne, comprend un four domestique et son fournil (fig. 8) ainsi probablement qu'un niveau de recharge mis au jour sur le chemin. Ces structures sont à mettre en relation avec les ruines d'un bâtiment dont quelques élévations sont encore bien conservées de l'autre côté du chemin.

 

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La phase d'occupation la plus ancienne correspond à un ensemble de structures bâties médiévales situées en partie sous les vestiges d'époque moderne (fig. 9). Un mur de 1,50 m de large occupe le centre du sondage, son extrémité orientale a fait l'objet d'une récupération, il devait certainement se poursuivre vers l'est, au niveau du chemin. On remarquera que sa largeur évoque celle des murs de courtine de l'enceinte du bas-castrum. De part et d'autre de cette forte maçonnerie se trouvent les autres vestiges médiévaux. Au nord, un passage large de 1,70 m est pavé, il distribue, vers l'ouest une porte dont subsistent, en limite de fouille, deux bases des piédroits correspondant probablement à l'entrée d'un bâtiment. C'est sur la destruction du mur nord de ce passage qu'a été édifié le four à l'époque moderne. Au sud, deux murs dessinent l'angle d'un bâtiment. Deux autres murets s'appuient contre cet angle, le long du parement méridional de l'épais mur central. La présence de plusieurs conduites aménagées dans ces murs, parfois reliées entre elles, est une caractéristique inédite des maçonneries découvertes dans ce secteur. La fonction de ces aménagements, l'hypothèse d'un nouvel ensemble de bâtiments que suggèrent les résultats de cette première reconnaissance, encouragent à poursuivre les investigations lors de la prochaine campagne de fouilles. Ces découvertes inédites sont d'autant plus intéressantes qu'aucun texte ne suggère jusqu'ici la présence d'un autre pôle d'occupation médiévale dans cette partie du site .

Patrice CONTE

  1. GÉRAUD DE MAULMONT PENSIONNÉ PAR LE COMTE D'ARTOIS.
    DOCUMENTS INÉDITS ET RÉFLEXIONS SIGILLOGRAPHIQUES.

Cette contribution n'a pas pour but de faire connaître maître Géraud de Maulmont — personnage récurrent de l'histoire médiévale limousine23 — mais plus simplement trois chartes inédites nous renseignant sur l'une de ses sources de revenus. On sait que la construction de plusieurs châteaux — Châlucet, Châlus-Maulmont, Châlus-Chabrol, Courbefy, Bourdeilles entre autres24 — doit être attribuée à ce Limousin, entre 1270 environ et 1299, et que son aisance financière était importante25. Les trois lettres que nous publions ci-dessous nous apprennent que Géraud de Maulmont était pensionné par le comte d'Artois, à partir de 1282 au plus tard, et sans doute jusqu'à sa mort, en 1299. Ces documents proviennent du Fonds des comtes d'Artois, conservé aux Archives départementales du Pas-de-Calais 26. Leur existence était connue de Charles-Victor Langlois qui les évoquait en 188727. Le troisième document est particulièrement précieux car il s'agit d'une quittance délivrée par Géraud de Maulmont lui-même, au bas de laquelle subsiste un fragment de son sceau. Avant de publier ces trois pièces inédites, nous présenterons les personnages concernés par ces documents, nous préciserons la nature de la pension attribuée, et nous intéresserons au sceau de Géraud de Maulmont.

3.1. Les personnages. — Robert II, fils de Robert Pr et de Mahaut de Brabant, fut comte d'Artois de 1250 à 1302. Robert Ier,frère de Louis IX, acco mpagna celui-ci en croisade et mourut le 12 février 1250, près du Caire, laissant sa veuve enceinte de quelques semaines. Robert II naquit sept mois plus tard. Guy III de Châtillon, comte de Saint-Pol, épousa la veuve et devint, par conséquent, beau-père du jeune héritier ainsi que son tuteur. Le jeune Robert fut promis à Amicie de Courtenay en 1259, marié en 1262, et armé chevalier en 1267. Il prit alors officiellement possession de son comté et l'administra jusqu'à sa mort, lors de la bataille de Courtrai (11 juillet 1302) .

A plusieurs reprises, le comte Robert II confia l'administration de ses domaines à des lieutenants : en 1270, il participa à la croisade. En 1274-1276, il répondit à l'appel de son oncle Charles d'Anjou et se rendit en Sicile. En 1282, suite aux « vêpres siciliennes », il retourna soutenir son oncle qui en fit alors son vicaire général de Sicile 29. Robert d'Artois était à Paris durant l'été 1282 [P.J. n° 1], avant de se rendre en Provence pour embarquer début octobre 311. En 1289, lorsque Charles d'Anjou fut enfin couronné roi de Sicile, il confia l'administration de son royaume à son fils, Charles Martel, mais demanda au comte d'Artois de le seconder. Ce dernier ne revint en France qu'en 1291. Durant toutes ces absences, Robert II confia l'administration de ses terres à des « maîtres de la terre d'Artois »31. Jean de Melun et Barthélémy du Montet administrèrent les terres d'Artois de 1282 à 129132 [P.J. n° 2]. Le bailli d'Artois [P.J. n° 1] était un officier comtal, chargé de l'administration du comté, révocable annuellement. Lors des absences de Robert II, il dépendait des « maîtres d'Artois «. Jean de Burgueneuve n'est pas identifié.

Géraud de Maulmont est qualifié de « maître «, ce qui fait référence à ses compétences juridiques — méconnues mais à peu près certaines — alors que la qualité de « clerc de vénérable homme le roi de France » renvoie à sa fonction de clerc du roi au parlement, attestée depuis au moins 1272 . Robert II l'appelle son « aimé et fidèle ».

Dans la quittance qu'il donne en 1296, Géraud de Maulmont se dit « seigneur de Montfort ». Ce fief se situe en Bourgogne, entre Montbard et Semur-en-Auxois 35. Il s'agit d'une ancienne châtellenie attestée dès le )(te siècle, entrée dans la mouvance des ducs au plus tard au début du mite siècle 36. On ignore comment et quand Géraud de Maulmont entra en possession de cette terre. Elle apparaît dans son patrimoine, au plus tard, en 1292 37. Elle figurait encore dans son testament de 1299 38 et ses héritiers s'en titraient toujours au début du )(Ive siècle 39. Il s'agit vraisemblablement d'une donation du duc : Géraud de Maulmont n'a-t-il pas longuement servi la politique vicomtale de Marguerite de Bourgogne, fille du duc Hugues IV et soeur du duc Robert II 40 ?

3.2. La pension. — La pension allouée par le comte est de 300 livres tournois par an. La somme n'est pas négligeable. Le sénéchal royal de la Marche et du Limousin percevait 355 livres tournois de gages annuels et un clerc du parlement 5 sols par jour. Les clercs du comte d'Artois percevaient annuellement 100 livres parisis de gages, alors que le chambellan de Robert II, Oudard de Villers, se contentait, vers 1295, d'une modeste pension de 20 livres parisis . Géraud de Maulmont percevait aussi une rente de 80 livres du vicomte de Rochechouart, à partir de 1269.

La pension du comte d'Artois est assignée sur le péage de Bapaume, c'est-à-dire qu'elle doit être prélevée sur les recettes de cette taxe prélevée par l'administration comtale. Bapaume était une importante châtellenie artésienne, confiée à un châtelain comtal, mais une résidence peu appréciée des comtes, qui n'y séjournèrent que très rarement : Robert lez en mai 1248, Robert II en septembre 1295 et mars 130245. Bapaume, situé à une vingtaine de kilomètres au sud d'Arras, marquait l'entrée dans le comté par laquelle conver­geait le grand commerce entre la Flandre et le royaume de France ; sous Philippe Auguste, le produit de son péage excédait les 1400 livres de revenu annuel 46.

Le comte demande au bailli [P.J. n° 1] de veiller à ce que la rente soit effectivement versée au bénéficiaire, en trois échéances : le ler novembre (la Toussaint), le 2 février (la Chandeleur), en mai/ juin (l'Ascension). Chacun des trois versements s'élève donc à 100 livres tournois, ce que l'on constate grâce aux pièces n° 2 et 3. Cette dernière nous apprend, toutefois, que le terme de la Toussaint a été avancé à la Saint-Michel.

Aucun des trois documents ne nous renseigne sur les raisons qui ont amené le comte Robert II à pensionner Géraud de Maulmont. L'expression « que nous sommes tenus » laisse entendre qué le versement de la rente est antérieur à 1282. Il faut sans doute considérer que l'attribution d'une rente annuelle en faveur de Maulmont était pour le comte un moyen de se ménager un appui parmi les conseillers du roi. Remarquons toutefois que dès 1272, Maulmont arbitrait un différend opposant Robert II à l'abbaye de Saint-Quentin .

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3.3. Le sceau (fig. 10 et 11). — La pièce n° 3 est une quittance de rente produite par Géraud de Maulmont sous son sceau personnel. Le parchemin est scellé sur simple queue ; l'empreinte n'est plus qu'en partie lisible. H s'agissait d'un sceau de type navette (fig. 10). Deux personnages se tiennent debout, sous des arcades gothiques. Le dessin est assez fruste mais les auréoles enserrant les têtes permettent d'identifier deux saints. Celui de droite tient contre lui une épée alors que son voisin porte un objet non lisible mais qui était sans doute une double clé. Il s'agit manifestement des saints Pierre et Paul. Le fragment d'inscription périphérique pas plus que le contre-sceau ne sont déchiffrables.

On doit confronter ce sceau à celui d'Hélie junior, le neveu de maître Géraud de Maulmont (fig. 11). Une empreinte — inédite également — en est partiellement conservée aux Archives départemen­tales de la Charente 48. Il s'agit, de même, d'un sceau navette. On y distingue nettement, sous une arcade gothique, à dextre (c'est-à-dire à gauche du sceau), saint Pierre auréolé et tenant ses clés ; le personnage de droite (à senestre sur l'empreinte) n'est plus lisible aujourd'hui. Il s'agissait très certainement de saint Paul. Les sceaux de Géraud et d'Hélie étaient donc conçus sur un même modèle. L'intérêt du second tient au fait que le contre-sceau reste lisible en partie. Il arbore un écu armorié, que l'on pourrait décrire de la manière suivante : « de... chargée de huit besants ». CONT..JRA Malheureusement le contre-sceau appendu à la quit­tance n° 3 n'est plus lisible (fig. 10). Il nous aurait renseigné sur le blason de maître Géraud de Maulmont, sur lequel les auteurs anciens ne s'entendent guère .

Les sondages menés à Châlucet, en 1999, par le bureau HADES, dans le cadre d'une évaluation archéologique commandée par le Conseil général de la Haute-Vienne, permettent de pallier cette lacune 52. En effet, dans la salle sud-est des corps de logis du château neuf bâti pour Géraud de Maulmont à partir des années 1270, les fouilleurs ont retrouvé des carreaux de pavement qui couvraient autrefois le sol de l'étage. Certains arborent des motifs héraldiques et deux d'entre eux portent les mêmes armes. On y distingue nettement un fascé de cinq pièces 53 et une bordure chargée de douze besants. On peut, par conséquent, très sérieusement envisager que ces carreaux héraldiques retrouvés en fouille portent les armes personnelles de maître Géraud de Maulmont.

On sait qu'en général la bordure besantée était une brisure, pour différencier les armes d'un cadet de celle de l'aîné. Reprenons la généalogie des Maulmont de la vicomté de Limoges (fig. 12). Géraud était frère cadet d'Adémar (t vers 1267), dont on ne connaît pas les armes. Celui-ci eut Guillaume - dont on ne connaît pas les armes —, Pierre et Hélie junior. On sait qu'Adémar (ou Aymar) fils aîné de Guillaume, petit-fils d'Adémar, neveu d'Hélie junior et petit-neveu de Géraud portait un écu fascé de cinq pièces 54, Son fils ou petit-fils Géraud, chevalier, portait ce même sceau en 1386-1387. On peut donc considérer que les Maulmont de la vicomté de Limoges, représentés par Adémar (t vers 1267), Guillaume (début xrve s.), Aymar (vers 1350), Géraud (vers 1387), portaient un écu fascé de cinq pièces, d'azur et d'or. Maître Géraud, en tant que cadet, brisa les armes lignagères, en chargeant le champ d'une bordure à douze besants. Son neveu, Hélie fit de même, mais avec huit besants.

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On peut, par conséquent, retenir que les Maulmont de la vicomté de Limoges, bien identifiés à partir d'Adémar, châtelain de la vicomtesse Marguerite de Bourgogne à Aixe puis à Châlus 56, ne portaient pas les mêmes armes que ceux de la vicomté de Venta­dour 57. D'autre part, les carreaux de pavement armoriés retrouvés dans les ruines du château neuf de Châlucet ont toutes les chances de représenter les armes personnelles de maitre Géraud de Maulmont.

Christian REMY

3.4. Pièces justificatives.

1.

1282, fin juin / début juillet. — Paris.

Mandement de Robert, comte d'Artois, enjoignant à son bailli d'Artois de verser à maître Géraud de Maulmont une pension de trois cents livres tournois, assignée sur le péage de Bapaume, en trois termes annuels.

Archives départementales du Pas-de-Calais, A 28 / 12, orig. parch., 210 x 125 mm, 13 lignes, scellé sur simple queue, sceau disparu. L'angle inférieur gauche est arraché et quelques mots ont disparu.

Robert38 cuens d'Artois, à touz cens qui ces lecttres verront, saluz. Nous fesons assavoir que nous sommes tenus à notre / amé et féel mestre Géraut de Maumont, clerc de vénérable homme monsegneur le Roy de France, en trois cenz livres / de tornois esqueles nous sommes tenuz por les arrérages de sa pension la quele il prent suz notre paage / de Bapaumes 59 et volons et commandons que les devant diz trois cenz livres soient renduz et paiez au devant / dit mestre Géraut par notre baillis d'Artois 60 suz le devant dit paage en cette manier : c'est assavoir / cent livres de tornois à la feste de touz sains 61 prochene venant, cent livres de tornois à la Chandeleur62 après / ensuivant, et cent livres de tornois demoranz à l'Ascension63 après ensuivant. Por la quele somme d'argent ren / dre et paier au devant diz termes au devant dit mestre Géraut nous avons asséné le devant dit mestre / Géraut au devant dit paage de Bapaumes iusques à tant que il soit plenièrement paié de la somme / d'argent devant dite. Volons et commandons à notre baillis d'Artois que les devant diz trois cenz livres face / rendre et paier au devant dit mestre Géraut sur notre paage de Bapaumes en la forme et manière desus / [dite] sanz délai par devant touz autres. Donné à Paris , l'an de grâce mil deus cenz quatrevinz et deus / [aprè]s la feste Saint Pere et Saint Po1.

n° 2.

1283, 17 août. — s. l.

Lettres de Jean de Melun et de Bartholomé du Montet, gardes des terres du comte d'Artois, faisant savoir qu'ils remettent à Jean de Burgueneuve les revenus du péage de Bapaume jusqu'à remboursement d'un prêt de cent livres que ce dernier leur avait consenti afin de permettre le versement de la pension de maître Géraud de Maulmont.

Archives départementales du Pas-de-Calais, A 29 / 21, orig. parch., 173 x 136 mm, 14 lignes, scellé sur simple queue.

A touz ceus qui verront cestes présentes letres, Jehanz de Meleun 66, cheveliers, et Bartholomeus dou Montet67, / chenones de Vestan68, guardes des terres monsegneur le conte d'Artois69 salut. Sachent tuit que nous avons emprunté en non de monsegneur de Jehan de Burgue Neuve 70 cent / livres de tornois pour oster larest qui estoit mis ou peage de Bapalmes pour / une pension dont misires 71 estoit tenuz envers mestre Giraut de Maumont, des / quieus cent livres de tornois nous assenons en non de monsegneur ledit Jehan aveuc / vint et cinc livres de paresis que il nous presta à Paris, receues de nous par la main / Jehan son neveu sur toutes les yssues dou dit péage de Bapalmes. Lesquieus cent / livres nous avons paiés audit mestre Girauz. Et volons que lidiz Jehanz de Bergue / Neuve teigne ledit péage et recoive toutes les yssues de celui tant que il soit ente / rmemant paiéz des deniers desusdiz. En tesmoing de laque chose, nous avons / saelées cetes présentes dou seau monsegneur le conte que il nous laissa pour user en ses terres. Doné en l'an de grâce mil deux cenz quatre vinz et trois, le mardi / après l'Assumpcion notre Dame .

n° 3.

1296 (n. st.), 20 janvier. — Paris.

Quittance de maître Géraud de Maulmont, seigneur de Montfort, pour cent livres de rente versées par le comte d'Artois en exécution d'une pension annuelle de 300 livres 73.

Archives départementales du Pas-de-Calais, A 140 / 5, mig. parch., 210 x 51 mm, 5 lignes, scellé sur simple queue, sceau navette de type ecclésiastique, portant sous deux arcades gothiques, saint Pierre à la clé et saint Paul à l'épée. Contre-sceau non lisible.

Nos magister Geraldus de Malomonte, dominus Montisfortis 74, domini Regis francie clericus, notum facimus quod nos habuimus ab illustrissimo / et reverendo domino nostro Roberto, comite Atrabacense 75, centum libras turonenses nobis ab ipso debitas de termino proximo preteriti festi Sancti / Michaelis 76 racione annue pensionis nostre, de quibus centum libris quantum ad dictum terminum preteritum prefatum dominum comite solvimus / et quictamus. In cuius rei testimonium presentes licteras nostro fecimus sigillari sigillo. Datum Parisius die sabbati post festum beati / Hylarii anno domini millesimo CC° nonagesimo quinto 77.

__________________________________________________________________________________________

  1. Cf. P. CONTE, « Nouvelles recherches.... BSAHL, CXXVII, 1999, p. 278- 281 ; P. CONTE et Ch. RÉMY, « Recherches sur le site médiéval de Châlucet... », ibid., CXXVIII, 2000, p. 293-302.
  2. Le château haut de Châlucet. Commune de Saint-Jean-Ligoure (Haute-Vienne) (B. POUSTHOMIS dir.), 5 vol. de rapport d'étude archéologique du bâti (juillet 1999-juin 2000), et 1 vol. de document final de synthèse de sondagesarchéologiques par S. CAMPECH, S. CONAN, P. CONTE, B. POUSTHOMIS, Ch. RÉMY, P. STEPHANT, S. TorioN, C. VIERS ; Le château haut de Châlucet. Abrégé de l'étude archéologique (B. Pousthomis dir.), par S. CONAN, B. POUSTHOMIS et Ch. RÉMY, SRA, Limoges, 2000, 50 p.
  3. Château haut de Châlucet. Commune de Saint-Jean-Ligoure (Haute-Vienne), par B. POUSTHOMIS (et coll. P. Stephant et P. Conte), document final de synthèse de surveillance archéologique (août-septembre 1999), SRA, Limoges, 1999.
  4. P. CONTE (coll. J. DENIS), Castrum de Châlucet Bas. Rapport intermédiaire de fouille programmée 1999-2001. Année 2000, SRA-Erac., Limoges, 2001.
  5.  Blocs de schistes équarris qui se caractérisent par l'emploi d'éléments aux modules sélectionnés, peu épais et allongés. La maçonnerie, liée par un mortier maigre, est bâtie en assises presque régulières parfois calées.
  6. Ch. RÉMY, Pouvoir royal et fortification en Limousin-Périgord aux mie et mye siècles. Le château de Châlucet et le patrimoine de maître Géraud de Maulmont, DEA, Université de Poitiers, 1995, p. 39, note 15.
  7. B. POUSTHOMIS (coll. P. STEPHANT et P. CONTE), op. cit., note 3.
  8. Ch. RÉMY, op. cit., note 6.
  9. P. CONTE et Ch. RÉMY, op. cit., p. 298-299 (le bâtiment I).
  10. Diverses études récentes montrent dans d'autres bourgs castraux et à la périphérie de châteaux des maisons du même type : V. ROUSSET, « Deux maisons du castrum de Saint-Céré (Lot, commune de Saint-Laurent-les-Tours) », dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. LX, 2000, p. 119-133. G. SÉRAPHIN, et Ch. RÉMY, » Le château d'Excideuil », dans Congrès archéologique de France : Périgord, 1999, p. 205 à 208.
  11. Op. cit., note 1.
  12. Cf. supra, § 1.
  13. On attendra l'achèvement de la fouille de ces deux bâtiments pour proposer une analyse et une interprétation fonctionnelle des espaces internes qu'ils définissent.
  14. Cf. supra , § 1.4.
  15. Le dépotoir est constitué d'un sédiment très charbonneux incluant fragments de bois carbonisés, céramique, métal et ossements animaux carbonisés ou non (étude de la faune en cours : C. VALLET, ArchéA). Il y a tout lieu de penser que ce dépotoir résulte d'activités domestiques (culinaires) provenant des bâtiments III et peut-être II.
  16.  Voir P. CONTE et Ch. RÉMY, 2000, op. cit. note 1
  17. L'accès n'étant pas totalement dégagé à l'heure actuelle, on ne saurait être complètement affirmatif sur ce point. La poursuite des recherches précisera cette question. Toutefois, on ne saurait imaginer un accès qui ne serait pas au moins protégé sous une structure légère : appentis, auvent...
  18. Cf. supra, § 1.281
  19. Cf. supra, § 1.2.
  20. Cf. supra, § 1.1
  21. Il convient toutefois de ne pas rejeter, a priori, la possibilité de structures dévolues à la défense, la poursuite des travaux dans ce secteur devrait livrer des éléments de discussion sur cette question.
  22. Les sources écrites font bien mention de « barris = autour du castrum, mais semblent surtout rattachés au castrum du haut-Châlucet. (En 1279 : • in toto castro predicto [superioris] seu villa ejustem et in barriis et pertinentiis castri et ville », donation par Jourdain de Montcocu à Géraud de Maumont de la quatrième partie du haut-Châlucet, publié par L. GUIBERT, Châlucet, Limoges, 1887, p. 149. Voir également : Ch. RÉMY, op. cit., note 6).
  23.  De nombreux auteurs l'évoquent : A. GREZILLIER, « Lettre du vicomte de Rochechouart pour Géraud de Maumont (1262) » BSAHL, XCIV, 1967, p. 137-147; L. GUIBERT, Châlucet, Limoges, 1887, p. 61-64. Voir aussi P. CONTE et Ch. RÉMY, « Recherches sur le site médiéval de Châlucet (Saint-Jean-Ligoure). Travaux de 1999 » BSAHL, CXXVIII, 2000, p. 293-302.
  24. Cette liste n'est pas limitative puisque d'autres seigneuries étaient en sa possession. Il semble notamment avoir fait bâtir un important manoir à Aixe-sur-Vienne, Haute-Vienne.
  25. Le personnage, son assise financière et son action politique ont été étudiés dans Ch. RÉMY, Le château de Châlucet et le patrimoine de maître Géraud de Màulmont, mémoire de DEA, Université de Poitiers (R. FAVREAU dir.), 1995, 153 p., corn p I t'té par une notice biographique développée dans Ch. RÉMY, Les rois de France en Limousin et Périgord de Philippe Auguste aux derniers capétiens. Agents, manifestations et rythmes de l'implantation du pouvoir royal dans le nord-est de l'Aquitaine de 1200 à 1328, thèse de doctorat de l'Université de Limoges (B. BARRIERE dir.), 2000, vol. II, p. 128-143.
  26. Mes remerciements au personnel des Archives départementales du Pas-de-Calais pour la célérité du service rendu.
  27. Ch.-V. LANGLOIS, Le règne de Philippe IIl le Hardi, Paris, 1887 (rééd. Genève, 1979), p. 42, n. 5.
  28. Renseignements extraits des articles du comte de LOISNE, « Itinéraire de Robert II, comte d'Artois (1267-1302) » Bulletin philologique et historique, 1913, p. 362-366 ; « Une cour féodale vers la fin du xnie siècle : l'Hôtel de Robert II, comte d'Artois », ibid., 1918, p. 84-143. Sur Robert Ier, on consultera, du même auteur, « Catalogue des actes de Robert Ier, comte d'Artois (1237-1250) », ibid., 1919, p. 133-208.
  29. Vaste révolte anti-angevine, débutant le 30/31 mars 1282 à Palerme, puis s'étendant à toute la Sicile.
  30. Comte de LOISNE, « Itinéraire... », art. cit., p. 370-371.
  31. Comte de LOISNE, « Diplomatique des actes de Robert II, comte d'Artois (1266-1302) » Bulletin philologique et historique, 1916, p. 184-224. En 1270-1271, cette lieutenance fut assurée par André d'Orléans, doyen d'Arras, Comte de LOISNE, « Une cour féodale... », art. cit., p. 85. De 1291 à 1299, il s'agissait de Simon de Mauregard et de Renaud Coignet de Barlette, chevaliers.
  32. G. LOUISE, Domfront au mue siècle..., op. cit., p. 44, d'après M. LEBEGUE DE GERMIGNY, Les lieutenants de Robert II, comte d'Artois, gardes et maîtres de toutes ses terres (1270-1299), Arras, 1898.
  33. Les sources ne livrent jamais de grade universitaire. Pourtant l'omnipré­sence de ce prédicat de « maître » et l'activité de conseiller qu'a exercée Maulmont auprès de plusieurs princes suggèrent qu'il possédait de solides notions de droit.
  34. On remarque d'ailleurs que cette année-là, Robert II, alors en conflit avec l'abbaye de Saint-Quentin, choisit maître Géraud de Maulmont pour arbitre, « magister G. de Malo Monte in quem procurator comitis Attrebatensis et procurator abbatis et conventus Montis Sancti Quintini » arrêt du parlement de la Toussaint 1272, Olim, I, p. 919-920, n° LXXXIX.
  35. Montfort, c. Montigny-Montfort, Côte-d'Or.
  36. Les ducs, après avoir acquis Montbard en 1186 et Montréal en 1254, se firent céder les droits qu'avait Marguerite de Montfort, épouse d'Hugues de Thil, suries environs de Montfort, Arch. dép. Côte-d'Or, Recueil Peindecé, I, p. 161.
  37. Il se dit « dominus Montisfortis » dans des lettres du lei novembre 1292 relatives au monastère de Saint-Pardoux-la-Rivière, D. DELHOUME, Les vicomtes de Limoges au xrue siècle, mémoire de maîtrise inédit (B. BARRIERE dir.), Université de Limoges, 1998, t. II, p. 259.
  38. Plusieurs auteurs ont vu ce testament sous l'Ancien régime, mais aucun ne nous en a donné une copie intégrale. Quelques extraits, relevés par Gaignières dans le chartrier de l'Evêché de Limoges, sont conservés dans le ms. lat. 17118 de la B.n.F., p. 37 et 127. Il n'apparaît pas dans le Répertoire de la série 1 G des Arch. dép. de la Haute-Vienne. Peut-être sommeille-t-il toujours dans une liasse ?
  39. En 1314 et 1315, ses neveu Guillaume et petit-neveu Pierre de Maulmont prêtèrent hommage au duc de Bourgogne pour leur château de Montfort, tenu en indivision, Arch. dép. de la Côte-d'Or, Recueil Peindecé, VII, p. 133-134, et IX, p. 12. En 1354, le compte du châtelain ducal de Montbard évoque Geoffroi de Charny, seigneur de Villers, et Aymar (dit plus loin « de Maulmont »), seigneur de Montfort, ibid., XVII, p. 724.
  40. Hugues IV mourut en 1272; Robert II en 1306.
  41. En 1327, d'après J. VIARD, « Gages des officiers royaux vers 1329 Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, LI-1890, p. 258. Le sénéchal royal de la très grande sénéchaussée de Périgord-Quercy percevait 500 livres de gages en 1299, ibid., p. 256, tout comme celui du Poitou, ibid., p. 249.
  42. ibid., p. 263. En 1298-1299, Géraud et son neveu Hélie junior perçurent respectivement 28 livres tournois pour 113 jours de présence aux séances et 30 livres 15 sols pour 123 jours, ce qui représente effectivement 5 sols par jour, Journaux du Trésor de Philippe le Bel (J. VIARD éd.), Paris, 1940, p. 382.
  43. Comte de LOISNE, « Une cour féodale... •, art. cit., p. 86 et 89. Rappelons que 5 livres tournois valaient 4 livres parisis.
  44. Suite à un arbitrage mettant fin à un long différend entre eux, A. GREZILLIER, « Lettre du vicomte de Rochechouart pour Géraud de Maumont (1262) » BSAHL, XCIV-1967, p. 143, d'après [B.n.F.] « Dom Villevieille •. Le 26 décembre 1269, on apprend que le vicomte Aymeric IX assignait cette rente de 80 livres sur une pension de 100 livres que lui-même percevait du comte de Poitiers, Layettes du Trésor des chartes, IV-1902, n° 5605.
  45. Si l'on en juge par les eschatocoles des chartes comtales, Comte de LOISNE, « Catalogue... », art. cit, p. 188; « Itinéraire... », art. cit., p. 377 et 383. L'essentiel des chartes émanant du comte Robert II est daté de Paris (hôtel d'Artois), d'Arras, de Saint-Omer et d'Hesdin.
  46. J. BALDWIN, Philippe Auguste et son gouvernement. Les fondations du pouvoir royal en France au Moyen Age, Paris, 1991, p. 320.
  47. Olim, I, p. 919-920, n° LXXXIX. Voir ci-dessus note 34.
  48. Transaction entre vifs de la paroisse de Saint-Cybard d'Angoulême, passée sous les sceaux de Guillaume de Blaye, évêque, et d'Hélie de Maulmont, doyen, le mercredi avant la Saint-Michel 1295 (le 28 septembre), Arch. dép. Cha­rente, G 470, n° 1, scellée sur cordelettes, le sceau de l'évêque manque.
  49. Apparemment au nombre de quatre, peut-être cinq.
  50. Les Maulmont de la vicomté de Limoges, ceux de Dournazac, et ceux de Corrèze portaient des armoiries d'azur et d'or.
  51. J. NADAUD, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, IV, 1880, p. 365, le prétend « d'azur à deux fasces d'or » d'après la tombe vue à Saint-Pardoux-la-Rivière ; R. DROUAULT, « Recherches sur le couvent et le bourg de Saint-Pardoux-la-Rivière . Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, XXVI-1899, p. 294, le dit « d'azur à une fasce d'or »; quant à GAIGNIERES, B.n.F., lat. 17118, P 382 (d'après « arch. Solignac »), il affirme avoir vu le sceau de Géraud au bas d'un hommage prêté à l'abbé de Solignac en 1272 et le présente « à un sautoir côtoyé au droit ... [un mot illisible] fascé de deux pièces avec une bordure, ledit Gerald est à genoux au bas, avec un capuchon renversé ».
  52. Voir plus particulièrement Le château haut de Châlucet..., op. cit., vol. VI, p. 55-58 et fig. 78.
  53. On peine, cependant, à y distinguer du bleu (d'azur) et du jaune (d'or).
  54. Empreintes du même sceau d'Aymar de Maulmont, seigneur de Tonnay­Boutonne, en 1349, 1350 et 1351, Ph. de BOSREDON, BSAHL, 1891, p. 119-120.
  55. Ibid., p. 120.
  56. Voir entre autres G. TENANT DE LA TOUR, L'homme et la terre de Charlemagne à saint Louis, Paris, 1942, p. 618-619.
  57. Lesquels portaient « d'azur au sautoir engrelé d'or, cantonné de quatre tours d'argent maçonnées de sable » cf. Jean de Maumont, chevalier, seigneur de Maumont le 31 juillet 1389, Ph. de BOSREDON, BSAHL, XXXVIII, 1891, p. 121.
  58. Robert II, comte d'Artois, fils de Robert I" et de Mahaut de Brabant.
  59. Bapaume, Pas-de-Calais.
  60. Miles de Nangis, originaire de Nangis (Seine-et-Marne), fut bailli comtal d'Artois de 1280 à sa mort, en juin 1291, G. LOUISE, Domfront au xme siècle..., op. cit., p. 44. Catalogue des actes des comtes d'Artois pour le Domfrontais, n° 198 de la revue Le pays bas-normand. Société d'art et d'histoire, 1990 (2), p. 44.
  61. La Toussaint correspond au ler novembre.
  62. La Chandeleur correspond au 2 février.
  63. L'Ascension correspond au sixième jeudi après Pâques dont la date pouvait varier, selon les années, du 22 mars au 25 avril.
  64. Robert II était encore à Paris en août 1282, à Souvigny le 8 septembre, en Avignon du 15 au 22, à Sisteron du 27 au 29 septembre, en Sicile le 9 novembre, comte de LOISNE, « Itinéraire... », art. cit., p. 371.
  65. La date n'est plus lisible en intégralité. Le s terminant le dernier mot déchiré suggère qu'il s'agit d'un jour de la semaine après la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, laquelle tombe le 29 juin. Le document date de la semaine allant du 30 juin au 5 juillet. 
  66. Jean de Melun fut garde des terres d'Artois avec Bartholomé du Montet, G.LOUISE, Domfront au lalle siècle..., op. cit., p. 44, d'après M. LEBEGUE DE GERMIGNY, Les lieutenants de Robert II, comte d'Artois, gardes et maîtres de toutes ses terres (1270-1299), Arras, 1898.
  67. Barthélémy du Montet fut garde des terres du comte d'Artois de 1282 à 1291, voir note précédente.
  68. Vatan, Indre. Il s'agit du chapitre Saint-Laurian, composé de seize cha­noines au mue siècle, G. DEVAILLY, Le Berry du xe au milieu du mie siècle. Étude politique, religieuse, sociale et économique, Paris-La Haye, 1973, p. 515.
  69. Robert II, voir ci-dessus.
  70. Burgue Neuve ou Bergue Neuve. Il existe un Bergueneuse, Pas-de-Calais.
  71. « Messire » c'est-à-dire le comte d'Artois.
  72. L'Assomption de la Vierge, le 15 août, correspond, en 1283, à un dimanche. Nous sommes donc le 17 août.
  73. Robert Favreau, professeur honoraire de l'Université de Poitiers, a bien voulu faire bénéficier cette transcription de ses suggestions et lectures avisées : qu'il en soit chaleureusement remercié.
  74. Montfort, c. Montigny-Montfort, Côte-d'Or.
  75. Robert II, comte d'Artois, voir ci-dessus.
  76. Le 29 septembre.
  77. Saint Hilaire est fêté le 14 janvier. En 1296 (nouveau style), ce jour est un dimanche; le samedi suivant est donc le 20.